LA PROLEPSE
1. Définition
La prolepse est une figure de style qui consiste à anticiper. Elle existe sous deux formes principales :
En rhétorique : On prévient une objection en y répondant d'avance (comme illustré sur notre visuel : « On m'objectera que... mais je réponds que... »).
En narration (narratologie) : C'est un saut en avant dans l'intrigue (un "flash-forward") qui raconte un événement qui se passera plus tard.
2. Histoire
Issue de la rhétorique grecque, la prolepse était l'arme favorite des orateurs pour désarmer l'adversaire avant même qu'il ne prenne la parole. En littérature, elle est devenue un moteur de suspense ou de fatalité, annonçant souvent une fin tragique dès les premières pages.
3. Figures proches
L'Analepse : C'est l'inverse exact (le "flash-back"). On revient en arrière dans le récit.
L'Hypothèse : Elle envisage un futur possible, alors que la prolepse narrative raconte un futur certain.
La Prétérition : On affirme qu'on ne va pas parler d'une chose, mais on le fait quand même.
4. Fonctions et effets
L'Autorité : En rhétorique, elle donne l'impression que l'orateur maîtrise parfaitement son sujet et les arguments de l'autre.
Le Suspense ou la Fatalité : En annonçant la fin (ex: la mort d'un héros), elle déplace l'intérêt du lecteur du "quoi" vers le "comment".
L'Organisation : Elle permet de lier logiquement des événements éloignés dans le temps.
5. Stylistique
La prolepse brise la linéarité. Elle crée un sentiment de destin inéluctable ou une structure argumentative solide. C'est la figure de la "vision du futur".
6. Exemples célèbres
Rhétorique : « Je sais ce que vous allez me dire : que le projet est coûteux. Certes, mais il est nécessaire. »
Littérature : « Bien des années plus tard, devant le peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi... » — Gabriel García Márquez, Cent ans de solitude.
« Dans deux heures, il serait mort, et il le savait. »

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