Affichage des articles dont le libellé est femme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est femme. Afficher tous les articles

jeudi 29 octobre 2020

Le sexe des mots - Jean-François Revel

 

LE SEXE DES MOTS

Jean-François Revel commente la féminisation des mots :

Byzance tomba aux mains des Turcs tout en discutant du sexe des anges.

Le français achèvera de se décomposer dans l’illettrisme pendant que nous discuterons du sexe des mots.

La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu’il n’existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l’allemand. D’où ce résultat que, chez nous, quantité de noms, de fonctions, métiers et titres, sémantiquement neutres, sont grammaticalement féminins ou masculins. Leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent, laquelle peut être un homme.

Homme, d’ailleurs, s’emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l’espèce humaine, tantôt en valeur masculine quand il désigne le mâle. Confondre les deux relève d’une incompétence qui condamne à l’embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille.

De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. Le respect de la personne humaine est-il réservé aux femmes, et celui des droits de l’homme aux hommes ?

Absurde!

Ces féminins et masculins sont purement grammaticaux, nullement sexuels.

Certains mots sont précédés d’articles féminins ou masculins sans que ces genres impliquent que les qualités, charges ou talents correspondants appartiennent à un sexe plutôt qu’à l’autre. On dit: «Madame de Sévigné est un grand écrivain» et «Rémy de Goumont est une plume brillante». On dit le garde des Sceaux, même quand c’est une femme, et la sentinelle, qui est presque toujours un homme.

Tous ces termes sont, je le répète, sémantiquement neutres. Accoler à un substantif un article d’un genre opposé au sien ne le fait pas changer de sexe. Ce n’est qu’une banale faute d’accord.

Certains substantifs se féminisent tout naturellement: une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse. Mais une dame ministresse, proviseuse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d’Honneur contrevient soit à la clarté, soit à l’esthétique, sans que remarquer cet inconvénient puisse être imputé à l’antiféminisme. Un ambassadeur est un ambassadeur, même quand c’est une femme. Il est aussi une excellence, même quand c’est un homme. L’usage est le maître suprême.

Une langue bouge de par le mariage de la logique et du tâtonnement, qu’accompagne en sourdine une mélodie originale. Le tout est fruit de la lenteur des siècles, non de l’opportunisme des politiques. L’Etat n’a aucune légitimité pour décider du vocabulaire et de la grammaire. Il tombe en outre dans l’abus de pouvoir quand il utilise l’école publique pour imposer ses oukases langagiers à toute une jeunesse.

J’ai entendu objecter: «Vaugelas, au XVIIe siècle, n’a-t-il pas édicté des normes dans ses remarques sur la langue française ?». Certes. Mais Vaugelas n’était pas ministre. Ce n’était qu’un auteur, dont chacun était libre de suivre ou non les avis. Il n’avait pas les moyens d’imposer ses lubies aux enfants. Il n’était pas Richelieu, lequel n’a jamais tranché personnellement de questions de langues.

Si notre gouvernement veut servir le français, il ferait mieux de veiller d’abord à ce qu’on l’enseigne en classe, ensuite à ce que l’audiovisuel public, placé sous sa coupe, n’accumule pas à longueur de soirées les faux sens, solécismes, impropriétés, barbarismes et cuirs qui, pénétrant dans le crâne des gosses, achèvent de rendre impossible la tâche des enseignants. La société française a progressé vers l’égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique. Les coupables de cette honte croient s’amnistier (ils en ont l’habitude) en torturant la grammaire.

Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique: faire avancer le féminin faute d’avoir fait avancer les femmes.

jeudi 27 novembre 2014

L'infériorité des femmes est une notion inventée par les hommes ; elle n'est pas l'écho d'une loi naturelle. Suzanne Lacore


Le 24 novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d’une conférence à Istanbul consacrée aux femmes et à la justice a déclaré que les femmes ne pouvaient être considérées comme les égales des hommes.

Il a dit "Notre religion a défini une place pour les femmes : la maternité"
"Certaines personnes peuvent le comprendre, d'autres non. Vous ne pouvez pas expliquer ça aux féministes parce qu'elles n'acceptent pas l'idée-même de la maternité" "parce que c'est contre la nature humaine".
"Leur caractère, leurs habitudes et leur physique sont différents (...) vous ne pouvez pas mettre sur un même pied une femme qui allaite son enfant et un homme".
"Vous ne pouvez pas demander à une femme de faire tous les types de travaux qu'un homme fait, comme c'était le cas dans les régimes communistes"
"vous ne pouvez pas leur demander de sortir et de creuser le sol, c'est contraire à leur nature délicate".


Je parle peu souvent de politique mais je ne pouvais rester silencieuse face à ce que je qualifie de crime contre la moitié de l'humanité. Comment en 2014 est-il encore possible dans un pays dit civilisé de tenir pareil discours ?  La religion a bon dos. On peut faire dire ce qu'on veut à des mots. Se cacher derrière des textes pour raconter de telles inepties. J'aimerais bien rencontrer ce phallocrate mal embouché pour lui montrer de quoi est faite ma nature délicate. En temps de guerre, ce sont pourtant bien les femmes qui font tourner les pays. On ne s'interroge pas alors de savoir quels types de travaux elles sont capables de faire.

Je voudrais rire de tant de bêtise mais c'est vrai, je ne le peux pas. Le rire des femmes en public est indécent. Encore une belle idée venue de Turquie.

Plus le temps passe et plus nous nous rendons compte que nous n'avons rien en commun avec ce genre d'individus. Hélas, nos gouvernants ne semble pas s'émouvoir. Des propos comme ceux-ci ne sont pas désavoués ou alors avec mollesse.  Aucune sanction n'est prise alors que ce sont les soi-disant les bases de notre société. Je suis effrayée à l'idée que la Turquie va prendre sous peu la présidence du G20. Lors du sommet à Brisbane, le G20 voulait justement une "réduction de 25% du fossé qui existe entre les hommes et les femmes sur l'accès à l'emploi d'ici 2025.

Femmes du monde unissez-vous ! Notre avenir est entre nos mains. Tout comme notre corps nous appartient, notre destin nous appartient aussi !