mercredi 9 septembre 2026

Un jour, une expression : Se bousculer au portillon

 


Se bousculer au portillon

Sens et signification

"Se bousculer au portillon" signifie arriver en très grand nombre au même endroit et au même moment, créant ainsi un embouteillage, une cohue ou une forte concurrence. On l'utilise pour décrire une situation où l'affluence est telle que le passage devient difficile.

Au sens figuré, elle désigne une abondance de prétendants, de candidats ou de propositions pour une seule et même opportunité.

Origine et étymologie

L'expression est née au début du XXe siècle et trouve son origine dans le métro parisien.

À cette époque, l'accès aux quais était contrôlé par des "portillons automatiques" métalliques. Lorsqu'une rame arrivait en station, ces barrières se fermaient automatiquement pour empêcher les voyageurs en retard de se précipiter sur le quai et de bloquer la fermeture des portes du train. Dès que le train repartait, les portillons se rouvraient, et la foule de voyageurs accumulée pendant l'attente se ruait en même temps à travers le passage étroit, se bousculant littéralement pour passer les premiers.

Registre et nuances

  • Registre : Familier à courant. Très utilisée dans les conversations de tous les jours, dans les médias ou le monde du travail pour imager une situation de forte demande.

  • Nuance : L'expression est presque toujours utilisée à la forme négative ("Ça ne se bouscule pas au portillon") pour souligner avec ironie un manque flagrant d'enthousiasme, de clients ou de candidats pour une tâche ou un poste.

Exemples d'utilisation

  • Au sens affirmatif : "Dès l'ouverture des soldes, les clients se bousculaient au portillon pour obtenir les meilleures réductions."

  • Au sens figuré (ironique) : "Le patron a demandé qui voulait travailler bénévolement ce samedi, et bizarrement, ça ne se bousculait pas au portillon."

  • En politique / médias : "Pour cette élection présidentielle, les candidats se bousculent au portillon."

Expressions synonymes en français

  • Se marcher sur les pieds

  • Jouer des coudes

  • Faire la queue leu leu (avec une notion d'ordre que le portillon n'a pas)

  • Y avoir un monde fou / se presser en masse

  • Il n'y a pas foule (synonyme de la forme négative)

Équivalents dans d'autres langues

Les autres langues traduisent souvent cette cohue par des images de portes, de files d'attente ou de bousculade générale :

  • En anglais : To beat a path to someone's door (frapper à la porte de quelqu'un en masse) ou people are lining up (les gens font la queue). À la forme négative, on dira there's no rush ou people aren't exactly lining up.

  • En espagnol : Agolparse a la puerta (s'entasser à la porte) ou darse de bofetadas por algo (se donner des claques pour obtenir quelque chose, pour insister sur la rivalité).

  • En italien : Fare la fila (faire la queue) ou affollarsi all'ingresso (s'entasser à l'entrée).

  • En allemand : Schlange stehen (faire la queue/faire le serpent) ou sich um etwas reißen (s'arracher quelque chose).

Variantes et dérivés

  • Se presser au portillon : Une variante un peu plus douce qui insiste sur l'empressement plutôt que sur le contact physique de la bousculade.

  • Bien qu'il n'y ait pas de dérivé direct, le mot "portillon" reste fortement ancré dans l'imaginaire collectif français grâce à cette expression, même si les anciens portillons du métro ont depuis longtemps été remplacés par des tourniquets et des lignes de péage modernes.

Usage contemporain

Bien que les portillons mécaniques d'origine aient disparu du métro de Paris dans les années 1960, l'expression a survécu sans prendre une ride. Elle est aujourd'hui employée de manière totalement métaphorique. On la retrouve énormément dans le traitement de l'actualité économique (pour parler des investisseurs) ou culturelle (pour l'achat de billets de concerts ou de festivals).

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