Affichage des articles dont le libellé est saison. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est saison. Afficher tous les articles

dimanche 23 septembre 2018

Automne - Albert Samain

AUTOMNE

Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.

L’automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre cœur ;
Et voici que s’afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.

Le vol des guêpes d’or qui vibrait sans repos
S’est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l’enclos.

Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d’une enclume ou l’aboiement d’un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.

Suscitant des pensers d’immortelle et de buis,
La cloche sonne, grave, au cœur de la paroisse ;
Et la lumière, avec un long frisson d’angoisse,
Écoute au fond du ciel venir des longues nuits.

Les longues nuits demain remplaceront, lugubres,
Les limpides matins, les matins frais et fous,
Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux
Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.

Qu’importe, la maison, sans se plaindre de toi,
T’accueille avec son lierre et ses nids d’hirondelle,
Et, fêtant le retour du prodigue près d’elle,
Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.

Lorsque la vie éclate et ruisselle et flamboie,
Ivre du vin trop fort de la terre, et laissant
Pendre ses cheveux lourds sur la coupe du sang,
L’âme impure est pareille à la fille de joie.

Mais les corbeaux au ciel s’assemblent par milliers,
Et déjà, reniant sa folie orageuse,
L’âme pousse un soupir joyeux de voyageuse
Qui retrouve, en rentrant, ses meubles familiers.

L’étendard de l’été pend noirci sur sa hampe.
Remonte dans ta chambre, accroche ton manteau ;
Et que ton rêve, ainsi qu’une rose dans l’eau,
S’entr’ouvre au doux soleil intime de la lampe.

Dans l’horloge pensive, au timbre avertisseur,
Mystérieusement bat le cœur du Silence.
La Solitude au seuil étend sa vigilance,
Et baise, en se penchant, ton front comme une sœur.

C’est le refuge élu, c’est la bonne demeure,
La cellule aux murs chauds, l’âtre au subtil loisir,
Où s’élabore, ainsi qu’un très rare élixir,
L’essence fine de la vie intérieure.

Là, tu peux déposer le masque et les fardeaux,
Loin de la foule et libre, enfin, des simagrées,
Afin que le parfum des choses préférées
Flotte, seul, pour ton cœur dans les plis des rideaux.

C’est la bonne saison, entre toutes féconde,
D’adorer tes vrais dieux, sans honte, à ta façon,
Et de descendre en toi jusqu’au divin frisson
De te découvrir jeune et vierge comme un monde !

Tout est calme ; le vent pleure au fond du couloir ;
Ton esprit a rompu ses chaînes imbéciles,
Et, nu, penché sur l’eau des heures immobiles,
Se mire au pur cristal de son propre miroir :

Et, près du feu qui meurt, ce sont des Grâces nues,
Des départs de vaisseaux haut voilés dans l’air vif,
L’âpre suc d’un baiser sensuel et pensif,
Et des soleils couchants sur des eaux inconnues…
Magny-les-Hameaux, octobre 1894

vendredi 20 mars 2015

Le printemps est arrivé, sors de ta maison


Printemps

La froidure paresseuse
De l'hiver a fait son temps:
Voici la saison joyeuse
Du délicieux printemps.
Tout résonne des voix nettes
De toutes races d'oiseaux,
Par les chants des alouettes,
Des cygnes dessus les eaux.

Jean-Antoine De Baïf _ Poète français, ami de Pierre de Ronsard et membre de la Pléiade.
Né à Venise le 19 février 1532, mort à Paris le 19 septembre 1589
Il est le principal artisan de l'introduction en France d'une versification quantitative mesurée, calquée sur la poésie de l'Antiquité gréco-latine.


Revoilà le printemps. Ce 20 mars à 22:45:09 il fait son retour pour le plus grand plaisir des jardiniers, des amateurs de barbecue, des économies d'énergie et de marchands de glace.
Qui dit printemps dit aussi soleil et le soleil influe sur notre moral (luminothérapie) et notre synthèse naturelle de vitamine D qui permet la fixation du calcium sur les os.


C'est la saison de la récolte de la sève de bouleau diurétique, anti-inflammatoire et riche en nutriments. Pourquoi ne pas faire une petite cure pour épurer l'organisme des toxines accumulées pendant l'hiver ?


Mais ce printemps 2015 a quelque chose d'exceptionnel... d'abord la grande marée du siècle avec un coefficient de marée qui va atteindre 119 en France, quasiment son niveau maximal qui est de 120. Un phénomène rare que j'aurais dû admirer quelque part entre Normandie et Bretagne si la vie et la santé de certaines n'en avaient décidé autrement. La baie du Mont Saint-Michel est le deuxième endroit au monde, après la baie de Fundy au Canada, où le marnage, différence entre une pleine mer et une basse mer successives, est le plus important. Le 21 mars il sera de 14,15 mètres (hauteur d'un immeuble de 4 étages). Un spectacle unique qui ne se représentera que le 3 mars 2033. Néanmoins, l'année 2015 connaîtra 40 jours de coefficients supérieurs à 100, dont 20 seront supérieurs à 110. Du beau spectacle pour les amateurs du genre.


Enfin, une éclipse solaire totale aura lieu dans la matinée. C'est la neuvième éclipse totale du 21ème siècle - onzième passage de l’ombre de la Lune sur Terre. Je n'habite malheureusement pas les îles Feroé et l'éclipse ne sera que partielle. La Lune s’interposera entre la Terre et le Soleil entre 9h27 et 11h45 en Belgique. Hélas ! la météo n'annonce rien de réjouissant et il y a de fortes chances que nous ne voyons rien. Néanmoins, j'ai préparé mon matériel...
Car c'est bien joli les éclipses mais c'est dangereux. Il faut impérativement se protéger les yeux sans quoi la vision pourrait être endommagée de façon irréparable si elle ne sont pas observée à travers des lunettes spéciales ou, à défaut, des lunettes de soudeur.


Bon printemps !!!

mardi 23 septembre 2014

Et l'automne est arrivé.

02:29:05 ce matin. L'automne boréal a officiellement remplacé l'été boréal.


Et s'il nous faudra encore quelque semaines avant de découvrir toute la palette des jaunes, des ocres, des oranges, des rouges et des bruns, nous savons déjà que l'année s'en va en déclinant. Le soleil se lève de plus en plus tard alors qu'il se couche de plus en plus tôt fatigué d'avoir tant travaillé (Bof ! On n'a pas eu un été fantastique même s'il a tenté de se rattraper en arrière saison). Les fleurs des jardins sèchent sur pieds et il est grand temps de faire place nette pour un prochain printemps. Les araignées font le concours de la plus grande toile mais aussi des plus grandes pattes - la faute au beau temps de ces dernières semaines.


Dans les magasins, on installe tout à la fois les décorations de Noël et celles de l'Halloween. Ce va être la fête à la citrouille : cuisinée, décorée, allumée. Et si mon pote y va, tous mes potes iront...


Hélas pour moi, ce ne sera pas encore pour cette année que j'irai revoir la féerie des couleurs au Québec, admirer les paysages flamboyants, écouter le chant des oies sauvages en route vers le Sud. Cela reste un magnifique souvenir qu'il me tarde de rendre à nouveau vivant. L'an prochain peut-être...


Quelques traits d'humour de l'automne :



BEL AUTOMNE !!!