Affichage des articles dont le libellé est nom. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nom. Afficher tous les articles

mercredi 29 octobre 2014

La féminisation des noms de métier, de fonction ou de titre


La Communauté française de Belgique a adopté, le 21 juin 1993, un décret visant à féminiser les noms de métier, fonction, grade et titre. Ce décret de féminisation répond à l'évolution de la société où les femmes occupent de plus en plus de postes professionnels. Il permet de promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes car l'usage qui consistait à désigner des femmes par un terme masculin leur imposait des dénominations qui niaient une part importante de leur identité et occultait le rôle effectif qu'elles prennent sur les diverses scènes de la vie active.
Plusieurs pays francophones ont également pris des mesures institutionnelles en la matière :
en 1979, la Gazette officielle du Québec publiait un avis où l'Office de la langue française recommandait la féminisation des titres.
en 1986, la France publiait une circulaire au Journal officiel, sur la féminisation des noms de métier, grade ou titre, circulaire qui, n'a cependant jamais été réellement appliquée.
en 1988, la Suisse, plus particulièrement le Canton de Genève, adoptait un règlement dans le même sens.

1. Les noms terminés au masculin par une voyelle dans l'écriture
Lorsqu'un « e » termine déjà la forme masculine, la forme féminine est identique à la forme masculine (ces formes sont dites épicènes).
Exemples : une accordéoniste, une bandagiste, une cardiologue, ...
N.B. : il ne semble pas adéquat de créer des mots nouveaux en -esse car le procédé paraît vieilli. Néanmoins, les emplois consacrés par l'usage, tels que poétesse, prophétesse restent en vigueur.
Lorsque les voyelles -a ou -o terminent la forme masculine, la forme féminine est identique à la forme masculine.

Exemples : une dactylo, une imprésario, une soprano.

2. Les noms terminés au masculin par une consonne dans l'écriture

A. En général, le féminin des noms de métiers et de fonctions est formé par l'adjonction d'un « e » final à la forme masculine.
Exemples : une artisane, une commise, une échevine, une lieutenante, une magistrate, une présidente,…
Cette règle générale implique dans certaines occasions des conséquences orthographiques :
a) le redoublement de la consonne finale :

- -el/-elle
Exemple : une contractuelle.
- -ien/-ienne
Exemples : une chirurgienne, une doyenne, une mécanicienne, une pharmacienne.
- -on/-onne
Exemple : une maçonne.

b) l'apparition d'un accent grave :

- -er/-ère
Exemples : une conseillère, une huissière, une officière, une ouvrière.
- -et/-ète
Exemple : une préfète.

B. Lorsque le nom masculin se termine par -eur :

a) la forme féminine se termine par -euse lorsqu'au nom correspond un verbe en rapport sémantique direct.
Exemples : une carreleuse, une chercheuse, une contrôleuse, une vendeuse.
 
b) la forme féminine est identique à la forme masculine lorsqu'au nom ne correspond pas de verbe.
Exemples : une docteur, une ingénieur, une procureur, une professeur. 
Cas particuliers : une ambassadrice, une chroniqueuse...

C. Lorsque le nom masculin se termine par -teur :
a) la forme féminine se termine par -teuse lorsqu'il existe un verbe correspondant qui comporte un « t » dans sa terminaison.
Exemples : une acheteuse, une rapporteuse, une toiletteuse. 
Cas particuliers : une éditrice, une exécutrice, une inspectrice ...
En Suisse et au Québec, les cas énoncés ci-dessus deviennent des formes en -eure (ex. professeure). Il reste à l'usager la possibilité de choisir entre ces différentes façons de faire. L'usage décidera dans les décennies qui viennent. Pour docteur, on laissera le choix entre une docteur et une doctoresse.
 
b) la forme féminine se termine par -trice lorsqu'il n'existe aucun verbe correspondant ou lorsque le verbe correspondant ne comporte pas de « t » dans sa terminaison.
Exemples : une administratrice, une apparitrice, une aviatrice, une directrice, une éducatrice, une rédactrice, une rectrice.

D. Termes d'origine étrangère
D'une manière générale, lorsque les noms de titres, fonctions, métiers sont d'origine étrangère, on préférera utiliser l'équivalent français et le féminiser selon les règles qui précèdent.
Exemples : une joueuse de tennis, plutôt qu'une tenniswoman.

Attention ! 
Certains noms ne se féminisent pas ou résistent à la féminisation. 
Exemples : une écrivain, une chef, une conseil (juridique), une mannequin, une marin, une médecin.

mercredi 20 août 2014

Les noms


Le nom ou substantif est un mot qui sert à nommer une personne (Jean), un animal (un chat) ou une chose (une chaise) ou une notion abstraite (la joie). Il porte les marques du genre (la voisine) et du nombre (les pièces) et il est introduit habituellement dans le discours par un déterminant qui l'actualise ou le détermine.

On distingue deux sortes de noms :

* le nom commun : L'élève va à l'école avec son cartable. (élève, école et cartable sont des noms communs). Chaque nom convient à toutes les personnes, les choses, les animaux... d'une même espèce et représente une classe entière ( arbre) ou un membre de cette classe.

* le nom propre : Pierre accompagne sa sœur Sylvie. (Pierre et Sylvie sont des noms propres).
Chacun a un nom particulier qui est la propriété d'une seule personne, d'un seul animal ou d'une chose. Les noms propres dénomment des entités individuelles : personnes, lieux ou événements (Jean; le Seine; la Révolution)

A. Les noms communs

On distingue parmi les noms communs,
les noms simples (pomme, maison) et les noms composés (chef-lieu, chien-loup) formés de plusieurs mots réunis par un trait d'union
les noms abstraits (peur, faiblesse) et les noms concrets (table, banc)
les noms animés (désignant des êtres vivants - humains ou animaux - chat; bébé) et inanimés (référant à des choses - table; chaise)
les noms comptables (choses qu'il est possible de dénombrer - une banane; deux bananes; quelques bananes) et les noms non comptables (choses qu'il n'est pas possible de dénombrer - du lait, du sable).

Certains substantifs sont cependant employés dans un contexte particulier comme des noms non comptables (du bronze; de l'eau) et dans d'autres comme des noms comptables (un bronze de Degas ; une eau pétillante). Certains noms abstraits et non comptables (la liberté, le courage) peuvent selon les contextes être employés comme des noms concrets et comptables (Les libertés sont défendues par la Constitution ).

Le nom est du genre masculin quand on peut le faire précéder de le ou un
Il est du genre féminin quand on peut le faire précéder de la ou une.

Le nom est au nombre singulier lorsqu'il désigne un seul élément : un arbre
Il est au nombre pluriel quand il désigne plusieurs éléments : des arbres

B. Les noms propres

Les noms propres prennent une majuscule. Certains noms propres se construisent sans déterminant (Paris; Paul) et jouent le rôle d'un groupe nominal. Ils en prennent d'ailleurs la plupart des fonctions : sujet (Paul est gentil), objet direct (Il a vu Hélène), objet indirect (J'ai écrit à Céline), complément de nom (Je ne reçois pas le message de Pierre), etc.

D'autres se construisent avec un déterminant (l'Equateur; la France; le Québec). Lorsqu'on ajoute un déterminant devant un nom propre qui n'en prend pas, on en fait un nom commun (Il est le Phénix des hôtes de ce bois).

Le genre des noms de personne est celui du sexe de la personne (Marc est gentil).

En général, les noms propres ne varient pas au pluriel.

lundi 11 août 2014

Le mot

La pensée n’est rien d’intérieur, elle n’existe pas hors du monde et des mots
Maurice MERLEAU-PONTY (1908-1961)
Phénoménologie de la perception, 1945

Qu’est-ce qu’un mot ?

Le mot est une suite de lettres de l'alphabet qui ont un sens.

Chaque mot possède une forme, une prononciation à l’oral et une orthographe à l’écrit. En règle générale, le mot a une prononciation unique et une orthographe unique.

Chaque texte, chaque discours utilise des mots.

L’ensemble des mots constitue le vocabulaire encore appelé le lexique. On peut retrouver l'ensemble des mots d'une langue dans un livre qui s'appelle le dictionnaire. Il existe d'ailleurs plusieurs types de dictionnaires.

S'il correspond généralement à une unité de sens bien précise, cela n'est pas toujours vrai car parfois, il contient plusieurs éléments porteurs de sens (mangerons contient trois éléments porteurs de sens : mange - (radical du verbe manger), - r (marque du futur) et - ons (marque de la première personne du pluriel). D'un autre côté, certains groupe de mots ne sont porteurs que d'un seul sens : machine à laver la vaisselle

Lorsque plusieurs mots se prononcent ou s’écrivent de la même façon, on dit qu’ils sont homonymes. Les homonymes peuvent être homophones : ils ont la même prononciation (doit, dois, doigt, doigts) ; homographes : ils ont la même orthographe (nous portions, des portions) ou homonymes parfaits (une lime (outil), une lime (le fruit))

Lorsque deux mots ont des prononciations très voisines, on parle de paronymes (écailler, écaler).

Lorsqu’un seul mot possède plusieurs sens, on parle de polysémie (jour, clarté et jour, ouverture). Le sens propre d’un mot est son sens premier ; son sens figuré résulte d’une comparaison implicite.

Deux mots qui ont le même sens ou des sens très approchants sont appelés synonymes.

Deux mots de sens contraires sont dits antonymes.

Les mots se forment de deux manières : soit par dérivation soit par composition. Ceux formés par dérivation ont un même radical qui peut être précédé d'un préfixe et suivi d'un suffixe. Ceux formés par composition sont formés par l'adjonction de deux mots autonomes. Leur construction fait naître de nouveaux mots.

Une familles de mots est régulière quand son radical ne change pas. Elle est irrégulière si le radical présente des variations orthographiques.

N.B. : Il faut noter que les suffixes, à la différence des préfixes peuvent modifier la classe d'un mot. Ainsi, l'adjectif au féminin qui reçoit le suffixe -ment passe dans la catégorie des adverbes.
ex : Aisé + ment = aisément

La nature du mot désigne sa classe grammaticale tandis que sa fonction désigne son rôle dans la phrase.

Les mots se rangent dans 7 classes qui sont :
les noms : Pierre, chat, pomme,...
les pronoms : je, tu, il,...
les déterminants : mon, ce, le,...
les adjectifs : beau, trois, autre,...
les verbes : manger, être, aller, faire,...
les adverbes : tant, tellement, lentement,...
les mots de liaison : si, quand, comme, ...

Parmi ces 7 classes, 5 contiennent des mots variables (verbe, nom, pronom, adjectif, déterminant) tandis que les mots des deux autres sont invariables (adverbe, mots de liaison).

De temps en temps certains mots quittent leur classe : Le chat gris dort paisiblement. Le gris est une couleur paisible. Gris adjectif est devenu nom dans la seconde phrase.