
Ni seulement « celles », ni seulement « ceux » : Tout comprendre sur le pronom « celleux »
Si vous vous promenez sur les réseaux sociaux, dans les universités ou que vous observez attentivement les affiches culturelles récentes, vous avez peut-être vu passer ce mot intrigant : « celleux ».
Né des évolutions linguistiques contemporaines et de l'écriture inclusive, ce terme suscite autant de curiosité que de questions. Qu’est-ce que cela signifie exactement, d'où vient-il et à qui s'adresse-t-il ? Faisons le point objectivement.
Qu’est-ce que le mot « celleux » ?
Le mot « celleux » est ce que l’on appelle un mot-valise. Il s'agit de la contraction fluide entre deux pronoms démonstratifs bien connus de la langue française :
Celles (féminin pluriel)
Ceux (masculin pluriel)
En fusionnant les deux, on obtient un pronom unique destiné à englober tout le monde en un seul mot, sans distinction. On le qualifie de pronom neutre ou épicène.
Pourquoi et pour qui utilise-t-on ce pronom ?
L'apparition et l'usage de « celleux » répondent principalement à deux besoins distincts dans la communication moderne.
1. Simplifier la désignation d'un groupe mixte
En grammaire traditionnelle, la règle veut que le masculin l'emporte (on utilise « ceux » pour désigner un groupe composé d'hommes et de femmes). Pour éviter cela, on utilise souvent des doublets, comme dans la formule classique : « Bienvenue à toutes et à tous, à celles et à ceux qui nous rejoignent ».
L'utilisation de « celleux » permet de raccourcir la formule tout en incluant visuellement et oralement les deux genres.
Exemple sur une affiche : « L'été pour celleux qui veulent rencontrer, échanger et s'amuser. » Ici, le mot remplace simplement « celles et ceux ».
2. Inclure les personnes non-binaires
Au-delà de la simplification des groupes mixtes, « celleux » est devenu un marqueur fort pour l'inclusion des personnes non-binaires ou non-genrées (les personnes qui ne se reconnaissent ni dans le genre masculin, ni dans le genre féminin).
Pour ces personnes, choisir entre « celles » et « ceux » est impossible puisque aucun des deux termes ne correspond à leur identité. Le pronom « celleux » leur offre une alternative linguistique pour se désigner, ou pour être désignées collectivement, de manière respectueuse et adéquate.
Comment l'utiliser en pratique ?
Comme il s'agit d'un mot issu de l'usage courant et non des dictionnaires traditionnels, ses règles d'accord restent souples. Généralement, pour maintenir la neutralité de la phrase après « celleux », on cherche à utiliser des adjectifs ou des termes qui ne changent pas de forme au masculin ou au féminin.
Formule classique : « Avis à celles et ceux qui sont intéressés... »
Formule inclusive : « Avis à celleux qui sont membres... » (le mot "membres" étant identique au masculin et au féminin).
En conclusion
Qu'on choisisse de l'adopter dans son quotidien ou que l'on préfère s'en tenir à la grammaire classique, le mot « celleux » témoigne de la vitalité des débats qui entourent la langue française. Il reflète une volonté d'exprimer, par les mots, les évolutions sociétales et la diversité des identités.
Et vous ? Aviez-vous déjà croisé ce mot sur une affiche ou au détour d'une lecture ? Qu'en pensez-vous ? N'hésitez pas à partager vos impressions dans les commentaires, toujours dans le respect de chacun !





