Ce que vos tics de langage révèlent sur vous (sans que vous le sachiez).
« Du coup, voilà quoi, je dis ça, je dis rien... » Ça vous parle ? Pas de panique, vous n’êtes pas seul. Dans le flot de nos conversations quotidiennes, ces petits mots s'immiscent sans crier gare. Ce sont les tics de langage ou mots parasites. S'ils servent souvent de béquilles pour structurer notre pensée ou meubler un silence, ils peuvent vite saturer l'oreille de nos interlocuteurs et affaiblir notre message. Alors, pourquoi notre cerveau s'obstine-t-il à les utiliser, et surtout, comment s'en libérer pour retrouver une parole percutante ? Plongée au cœur de nos manies verbales.
Le grand bêtisier des mots et expressions parasites
1. Les béquilles du temps (pour combler le vide)
« Du coup » : Le roi incontesté. À l'origine grammaticale, il exprime une conséquence directe. Aujourd'hui, il remplace simplement une virgule ou un point.
« En fait » : Utilisé pour corriger ou préciser, il est devenu un simple préambule à 90 % de nos phrases.
« Voilà », « Voilà quoi » : La ponctuation paresseuse qui sert à clore une phrase quand on ne sait plus comment la finir.
« Euh... » : Le parasite sonore universel qui signale que le cerveau cherche ses mots.
« Disons... » « Disons que... »
2. Les expressions de fausse modestie ou de prudence
« Je dis ça, je dis rien » : Une manière passive-agressive de lancer une critique tout en faisant mine de s'en laver les mains.
« Juste » (ex: "C'est juste pas possible", "Je voulais juste dire...") : Un anglicisme (just) qui minimise le propos ou cherche à s'excuser d'exister.
« En vrai » : Comme si tout ce qui avait été dit avant était un tissu de mensonges.
3. Les tics de validation (la quête d'approbation permanente)
« Tu vois ? » / « Vous voyez ? » : Répété toutes les trois phrases, cela donne l'impression de douter de l'intelligence ou de l'attention de l'autre.
« Pas de souci » : Devenu le remplaçant systématique de « De rien » ou « Je vous en prie », même quand il n'y a absolument aucun sujet d'inquiétude.
« Grave » : L'approbation paresseuse qui évite de développer son argumentation.
4. Le jargon pseudo-professionnel (à la mode)
« Du jour au lendemain » / « Être force de proposition » / « Typiquement » : Des formules toutes faites qui lissent le discours et manquent d'authenticité.
« Je reviens vers vous » : L'expression corporative par excellence, souvent vidée de son sens.
🪄 Vos "Astuces Magiques" pour s'en débarrasser
Comment se corriger :
Astuce n°1 : Dompter et réhabiliter le SILENCE
Le silence fait peur. On meuble avec un « du coup » ou un « euh » parce qu'on craint le vide.
Le truc : Apprendre à s'arrêter. Une pause de deux secondes entre deux phrases donne de l'importance à ce que vous venez de dire et vous laisse le temps de formuler la suite. Le silence donne de l'autorité, le parasite donne l'air stressé.
Astuce n°2 : Le jeu du élastique (ou de la tirelire)
Le truc : Demandez à un collègue ou à votre conjoint de vous signaler à chaque fois que vous dites votre mot parasite fétiche. Vous pouvez aussi mettre un élastique autour de votre poignet et tirer légèrement dessus à chaque incartade. Prise de conscience garantie en 48 heures !
Astuce n°3 : La boîte à outils des remplacements
Donnons des alternatives élégantes à nos lecteurs :
| Le parasite | Par quoi le remplacer ? |
| Du coup | C'est pourquoi, par conséquent, ainsi, alors. |
| En fait | En réalité, à vrai dire, concrètement. |
| Voilà | (Rien ! On ferme la phrase avec un point et un sourire). |
| Tu vois ? | Qu'en pensez-vous ? / Est-ce clair ? (Si on attend une vraie réponse). |
| Pas de souci | Je vous en prie / Avec plaisir / De rien. |
Les tics de langage ne sont pas des crimes de lèse-majesté contre la langue française ; ils sont le reflet de notre époque, d'un besoin d'aller vite ou de rassurer notre interlocuteur. Cependant, s'en libérer, c'est redonner du poids et de la clarté à sa parole. En éliminant le superflu, on réalise que moins on en dit (de mots parasites), mieux on se fait entendre. Alors, prêts à faire une petite détox verbale ?
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QUIZ : Quel « pollueur verbal » êtes-vous ?
Faites le test en toute honnêteté ! Choisissez la réponse qui vous ressemble le plus dans ces situations du quotidien.
1. On vous confie une mission de la plus haute importance au travail. Vous répondez :
🟩 « Pas de souci, je m'en occupe ! »
🟦 « Ça marche, du coup je m'y mets dès maintenant. »
🟧 « D'accord. Disons que ce sera prêt pour demain, en vrai. »
🟪 « OK, je vais être force de proposition sur ce coup-là, tu vois ? »
2. Vous racontez votre incroyable week-end à un ami, mais vous perdez le fil de votre histoire :
🟦 « Euh… alors on a pris la voiture, en fait, et du coup… voilà quoi. »
🟪 « On est allés dans ce resto, tu vois ? Il y avait une ambiance, tu vois ? »
🟧 « C'était… disons… super intense. En vrai, j'ai juste adoré. »
🟩 « C'était top ! Enfin bref, pas de souci, je te raconterai le reste plus tard. »
3. Au moment de conclure une réunion ou une discussion animée, votre phrase de fin ressemble à :
🟪 « Voilà, voilà… Bon, je dis ça, je dis rien, hein. »
🟦 « Du coup, voilà quoi. On fait comme ça. »
🟩 « Allez, ça marche, pas de souci ! »
🟧 « C'est typiquement ce qu'il fallait faire, en vrai. »
🔮 Le Verdict : Découvrez votre profil !
Vous avez un maximum de 🟦 : Vous êtes le « Du-coupiste » compulsif Chez vous, les phrases ne se terminent jamais vraiment, elles s’enchaînent dans un courant continu alimenté au « du coup » et au « en fait ». Vos mots parasites sont le ciment de votre pensée en mouvement.
Le conseil du blog : Osez mettre des points cardinaux dans vos phrases. Un point, c'est bien aussi !
Vous avez un maximum de 🟪 : Vous êtes le « Chercheur d'approbation » « Tu vois ? », « Voilà quoi »... Vous avez un besoin viscéral de garder le contact avec votre interlocuteur et de vérifier qu'il vous suit. Vous tendez des perches verbales en permanence.
Le conseil du blog : Faites confiance à votre auditoire. S'ils ne comprennent pas, ils vous le diront !
Vous avez un maximum de 🟧 : Vous êtes le « Diplomate prudent » Avec vos « disons », « en vrai » et « juste », vous avancez sur des œufs. Vous nuancez tellement votre propos avant même de l'avoir formulé qu'on a parfois envie de vous secouer un peu.
Le conseil du blog : Assumez vos opinions à 100 %. Supprimez les amortisseurs verbaux !
Vous avez un maximum de 🟩 : Vous êtes le « Cool-manager » Votre truc à vous, c'est le « pas de souci » et le « ça marche ». C'est dynamique, c'est sympa, mais à force d'effacer tous les problèmes de la Terre en une phrase, votre discours perd un peu de sa texture.
Le conseil du blog : Variez les plaisirs avec un élégant « Je vous en prie » ou un chaleureux « Avec plaisir ».

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