mardi 24 juin 2014

Les spornosexuels, gros biceps et petits QI

C'est toujours un peu excitant de découvrir un nouveau mot, une nouvelle tendance, un nouvel art de vivre... Aujourd'hui je vous invite dans l'univers des spornosexuels.

Spornosexules - Késako ? Pas des gens qui font du sport pour ne pas avoir de sexe - (Sport No Sexuels) mais bien un mélange de sport, de pornographique et de métrosexuel.

Pour rappel, le métrosexuel est un homme citadin soucieux de son apparence (tiré à quatre épingles) à l'exemple de David Beckham. Ce néologisme a été inventé en 1994 par Mark Simpson, journaliste britannique à The Independent.


C'est à ce même Mark Simpson que nous devons le néologisme spornosexuel qui nous occupe aujourd'hui. Comme quoi après vingt ans, ce mot et ces hommes-là sont passés de mode ou plutôt ont évolué. Il paraîtrait que le concept ait déjà effectué un galop d'essai en 2012... sans grand succès. Aura-t-il plus de chance cette fois ?

Notre spornosexuel est un mâle qui entretient de son corps et l'expose. Il veut être désiré pour son enveloppe - un peu comme de la piquette dans un superbe flacon - et pour y parvenir, il fait du sport; beaucoup de sport, il se pare de tatouages puis s'offre au regard grâce aux selfies postés sur les réseaux sociaux.


Le représentant de cette nouvelle race d'homme serait selon Mark Simson, le britannique Dan Osborne star de la télé réalité... mais onpeut aussi citer Lucas Locco le chanteur brésilien, Booba le rappeur, Justin Bieber, Mariano di Vaio le blogueur, et même Matt Pokora en version allégée.


So to make a long story short : muscles à gogo, tatouages, salle de sport et joli minois. Désolé mais je préfère une tête bien pleine qu'un torse bien fait. Il y en a heureusement pour tous les goûts !

lundi 23 juin 2014

Premier dimanche d'été

Ce premier dimanche d'été était juste comme devraient être tous les dimanches : beau temps, bonne bouffe, belles découvertes et belle activité.
Dimanche matin, direction La Grange de Mélanie (Place de Petit-Roeulx, 13 - 7181 Petit-Roeulx-Lez-Nivelles) mon magasin de déco préféré pour son dernier jour avant la fermeture estivale. Exceptionnellement ce week-end, 10% sur tout le magasin et de nombreuses promotions au magasin et à l'entrepôt.
J'ai été plus que raisonnable : 1 plat pour les cerises, des pinces à linge de bureau, des punaises créatives, un magnet pour mon fils et la nouvelle senteur Lampe Berger : feuilles de tomates.


L'après-midi, direction Merbes-le-Château pour une promenade jusqu'à Erquelinnes par les bords de la Sambre.
Dix kilomètres sous le soleil - cinq à l'aller et cinq au retour

Avec quelques belles surprises animales
Héron
Grand cormoran
Tortue
Des surprises cocasses
 Des paysages et des bâtiments superbes
L’église Saint-Médard, de style gothique, fut construite au début du 16ème siècle et modifiée au 18ème siècle. Ses fonts baptismaux datent de 1434.
Et à mi-chemin, un rafraîchissement pour les vaillants marcheurs sur une péniche au port de plaisance de Erquelinnes. 
Retour par Lobbes et sa portelette, une construction érigée à la fin du XVIIe siècle. Cette porte était appelée "porte de Binche" dans l’ancienne enceinte de l’Abbaye, comme en témoigne encore des archères sur les piliers et la tour qui y est accolée. Le bâtiment de style baroque est constitué d’un fronton triangulaire soutenu par des volutes et surmonté d’un fleuron en forme de vase. Les deux niches abritent les statues de saint Landelin, en aval, et saint Ursmer, en amont. Depuis juin 1980, le monument, la demeure et sa tourelle à meurtrières ainsi que les murs d’enceinte ont été classés.
 On se demande pourquoi les autres jours ne sont pas tous comme ça :)

dimanche 22 juin 2014

La Brocante des Quais

Cette année, la “Brocante des Quais" a retrouvé son bord de Sambre et un cadre presque entièrement rénové et arboré pour le plus grand bonheur des promeneurs, des chineurs et des exposants. Une foule nombreuse déambulait dans les rues du bas de la ville à la recherche de l'objet rare. Hélas ! il faut bien se rendre à l'évidence, les objets rares sont... rares et on est loin du choix et de la qualité des éditions passées. Malheureusement, à certains endroits, la brocante est proche d'un bric à brac...


Néanmoins, pour quelques heures, le passage de la Bourse est devenu  le quartier des artistes...


Et fête de la musique oblige, un groupe de rock et un chanteur donnaient à l'ensemble des airs de kermesse dans l'odeur des boudins chauds, des kebab et des spécialités de la Jamaïque bien arrosés comme toujours à Charleroi.


Côté animation, les enfants n'ont pas été oubliés avec des attractions foraines et des spectacles de rue.




Pour ce qui me concerne, cette édition de la Brocante des Quais ne devrait pas entrer dans les annales et j'espère que l'an prochain, les exposants seront plus nombreux et avec des articles de qualité. L'organisation a du pain sur la planche si elle veut donner à cette manifestation autre chose que l'image brouillon qu'elle avait. On est loin de ce était prévu sur le site internet :

À la brocante qui comptera plusieurs kilomètres de stands, s'ajoutent de nombreuses activités :
Devant la gare, grand écran avec retransmission du mondial, en direct, des trois matchs du jour ???
Food Trucks Village : ce village de restauration mobile ravira les gourmands, amateurs d'aliments de qualité gastronomique ???
Passage de la bourse : Festival d'artistes en arts plastiques OK
Le parcours sera éclairé par des ballons géants lumineux  OK
Spectacles de rue OK
Village d'antiquaires  ???

C'était un peu comme un bon menu créé par un mauvais chef...

samedi 21 juin 2014

Solstice de juin

J’ai dû être calendrier dans une autre vie.
J’aime la métronomie des dates anniversaires : anniversaires de naissances, de rencontres, de mariages, événements heureux mais aussi jours de tristesses et de jours morts.

Le 21 juin qui est la date la plus fréquente du solstice de juin dans l'hémisphère nord, marque le début de l’été mais pour moi, il a pris la couleur d’un départ vers ailleurs.

Si la mer se déchaîne, 
Si le vent souffle fort, 
Si la barque t'entraîne 
N'aie pas peur de la mort. 

Ce décès, je ne l'ai appris qu'un an plus tard car si la vie sépare ceux qui s’aiment, elle sépare surtout ceux qui ne s’aiment pas ou qui ne s’aiment plus. Et pour nous, c’était plutôt pas que plus. Ce fut un beau gâchis et seule la mort m'a permis de faire la paix avec notre histoire.

vendredi 20 juin 2014

L'éveil des sens

"L'éveil des sens" 


 L'éveil des sens
L'éveil des cens
L'éveil des censes
L'éveil d'essence
L'éveil, décence !
Les veilles des sens
Les veilles des cens
Les veilles des censes
Les veilles d'essence
Les veilles, décence !
Lé, veille, dé, sens
Lai, veille des sens
Lai, veille des cens
Lai, veille des censes
Lai, veille d'essence
Lai, veille, décence !
Lais, veilles des cens
Lais, veilles des censes
Lais, veilles d'essence
Lais veilles, décence !
Laie veille des sens
Laie veille des cens
Laie veille des censes
Laie veille d'essence
Laie veille, décence !
Laid, veille, dais, sens
Laid veille des cens
Laid veille des censes
Laid veille d'essence
Laid veille, décence !
Lait veille des sens
Lait veille des censes
Lait veilles, décence !
Lait veille des cens
Lait veille d'essence
Lait veilles, décence !
Lès veille des sens
Lès veille des cens
Lès veille des censes
Lès veille d'essence
Lès veilles, décence !
Lez veille des sens
Lez veille des cens
Les veille des censes
Lez veille d'essence
Lez veilles, décence !
L’ai veille des sens ! 
L’ai veille d’essence !
L’ai veille des cens !
L'ai veille des censes
L’ai veille décence !
L’est veille des sens ?
L’est veille d’essence ?
L’est veille des cens ?
L'est veille des censes
L’est veille décence ?

jeudi 19 juin 2014

WWW

WWW

Exercice écrit pour le livre "Au contact des mots" du professeur Aimé Avolonto. La vie fait que les amitiés se font et se défont tout comme les livres s'écrivent et se publient... Des mois de travail avec au final, une dédicace en début d'ouvrage... et des textes originaux sur mon disque dur.

Lion de Waterloo
Waterloo ! Waterloo ! morne plaine ! s’était esclaffé un webmestre wolof wallingant dépossédé de ses warrants en montant dans le wagon-restaurant le ramenant vers Westmount. Il commanda une salade de witloofs aux œufs de wyandotte, du waterzooï, une poire williams préparés par un chef wallon toujours la wassingue à la main. Regagnant son wagon-lit, il se mit à observer ses compagnons de voyage. Sa voisine, une Wallisienne, championne de water-polo, passionnée de Wagner ne voyageait jamais sans son wok. Son vis-à-vis, un wali wahhabite collectionneur de welwitschia racontait les aventures d’un wapiti égaré dans sa wilaya. Il disait aussi avoir vu un wallaby et un wombat près d’un wigwam de Wemindji. Deux membres du WWF jouaient au whist, un whippet couché à leurs pieds tandis qu’un vieux wattman ne parlant que le wu sirotait un whisky en caressant la crosse de sa winchester et rêvant aux westerns de sa jeunesse.

mercredi 18 juin 2014

La ronde des saisons

La ronde des saisons

Etalez une contrée vaste comme un océan. Parsemez-la d’immenses forêts et de milliers de lacs. Ajoutez une nature sauvage qui y respire en toute liberté. Avec un pinceau, tracez un fleuve large comme un province, puissant et dangereux et vous aurez une terre de contrastes où chaque année voit vivre quatre véritables saisons. Ces saisons sont les partitions sur lesquelles le grand ordonnateur s’appuie pour faire vibrer la nature et par là même, le cœur des hommes et surtout le mien. Il palpite rien qu’à se rappeler… Et si « je me souviens » est la devise du Québec, elle est devenue mienne, lorsque je suis devenue sienne.

Saint-Laurent depuis l'ile d'Orléans
Un de ses fils disait : « Mon pays ce n'est pas un pays… c'est l'hiver ». Mais pas un hiver comme le nôtre qui n’est pas vraiment là et qui dure parfois douze mois. Un véritable hiver, avec de la neige et du froid, des températures qui flirtent avec le presque impossible à vivre mais que l’air sec rend pourtant supportable. Et dès le premier flocon, lorsque tout est devenu immaculément blanc, que la terre a revêtu sa pelisse d’hermine, on prend le temps de chausser ses raquettes à neige faites de bois et de cordes, d’enfiler tuque et mitaines pour partir dans la poudreuse et découvrir les forêts infinies, totalement préservées où l’impression d’être le premier à fouler le sol vierge recule sans cesse. Dans les bois, tout est calme, reposé, on entend à peine, dans le lointain, l’appel d’un animal, le grattement d’un autre qui cherche un peu de nourriture. Soudain, c’est un oiseau qui s’élance dans le bleu du ciel. Ce ciel par où arriveront les oies blanches annonciatrices du retour du printemps. La saison toute neuve où la nature reprend son cycle immuable. Elle dure ici à peine quelques semaines. Les jours allongent. La lumière devient plus intense. Les températures augmentent avec parfois quelques ratés, de nouvelles bordées de neige mais bien vite oubliées lorsque la glace se brise et libère les eaux, que la neige fond et dévale pentes et collines vers le fleuve qui se gonfle. Toute la vie endormie se réveille brutalement. Bourgeons, feuilles et premières fleurs encore toutes chiffonnées du grand sommeil sortent leurs petites têtes de leurs bonnets serrés. Quelques trilles encore enrouées s’élèvent. Les oiseaux déploient alors des trésors de séduction pour leur belle, plumages de noces, parades nuptiales, baisers et caresses jusqu’à la saison nouvelle. L’été, épanouissement des forces vitales de la terre bref et éphémère qui conduit vers le fléchissement des rayons du soleil et le raccourcissement des jours. L’été, tout de vert paré, tacheté dune myriade de couleurs de toutes sortes, exhale l’odeur des bois inviolés. Dans cet éden végétal, l’œil ne sait où se poser. Il photographie des dizaines de formes et de couleurs. Il caresse des pétales et des corolles. Il frôle les troncs et les tiges. Etre là, c’est se croire, pour un instant un jardinier de l’exceptionnel, artisan de la beauté, artiste de l’éphémère. Et puis au détour d’un chemin, des suisses. Ils filent entre les jambes s’amusant des cris des surprise et revenant sur leur pas pour mieux jouir du spectacles d’adultes qui s’extasient. Qui n’en a jamais vu ne peut comprendre. Ils sont le charme incarné par leur taille petite, leurs flancs, leur croupe et leur queue d'une vive teinte roussâtre. Cent vingt-cinq grammes de couleurs : dos rayé de bandes noires, grises et blanches, la tête brune, grise et chamois, le ventre blanc et les pattes brunes.

Feuille d'érable - Montréal
Sous la caresse des rayons du matin, dans la chaleur de l’astre à midi, au coucher flamboyant, les bêtes sauvages font leur apprentissage et attendent l’automne.
On le reconnaît par un brusque réchauffement, l’été des indiens… S’ensuit alors pendant quinze jours une débauche de couleurs, l’embrasement des feuilles qui de vertes deviennent rouge orangé et jaune d’or. Le meilleur artificier du monde ne peut rivaliser avec tant de beautés. L’automne c’est le temps de l’enchantement d’une volière immense lorsque les oies se posent au Cap Tourmente avant de s’en aller jusqu’au printemps prochain. La boucle est bouclée… Il n’y a plus qu’à recommencer.
Chacune des saisons a ses coups d’éclat,  puis ses moments de langueurs pendant lesquelles la faune et la flore savent marier leurs désirs et leurs besoins. Chacun des saisons forme l’un et la nature toute entière nous réapprend que le multiple peut très bien s’accommoder de l’unité.
Hommes nous avons oublié que tout n’est qu’un. Qu’il n’y a pour la nature pas de différences entre les jaunes et les noirs et les blancs, entre les juifs, les chrétiens et les musulmans.

Oies blanches vers la réserve du cap Tourmente
La Nature, trésor inépuisable des couleurs et des sons, des formes et des rythmes, modèle inégalé de développement total et de variation perpétuelle, la Nature est la suprême ressource ! Olivier Messiaen

mardi 17 juin 2014

ROME - 28 et 29 mars 1983


ROME - 28 et 29 mars 1983 

" Symposium DIMOR : Développement de l’Internet - Mythe ou réalité ? "
Lorsqu’ils ont appris que je partais pour Rome, mes collègues à l’université m’ont dit : " Tu verras, c’est très beau ! ". Mais Rome n’est pas belle, elle est bien plus que ça. Rome est fascinante, Rome est multiple, Rome est unique, Rome est la mère de toutes les civilisations, elle est éternelle.
A peine ai-je posé le pied sur le tarmac de l’aéroport Léonardo da Vinci que déjà la chaleur m’accable. Il n’est que 11 heures en ce matin du 27 mars. J’ai chaud. C’est le printemps romain.
D’où je me trouve, je ne peux déceler nulle trace de végétation mais je l’ai aperçue tout à l’heure, par le hublot pendant la phase d’approche. Je sens la nature prête à affronter une nouvelle saison.
Le printemps je ne l’embrasserai qu’à l’extérieur, une fois le contrôle douanier franchi et mes bagages confiés au préposé de l’hôtel " Holiday Inn Minerva ". Il m’attend dans le hall, une écriteau à la main. Après un court échange, car il ne parle ni le français, ni l’anglais, et moi seulement quelques mots d’italien, nous montons dans l’Alfa Romeo qui nous emmène au centre de la ville.
Les trente kilomètres défilent à une allure vertigineuse. Vingt fois, nous frôlons la collision vingt fois, le chauffeur s’en tire par miracle. La conduite ici est bien ce qu’il est dit dans les livres : rapide et dangereuse. Quelques gestes, quelques mots, quelques coups de klaxon et notre voyage se poursuit. Sur le chemin, je n’ai pas assez d’yeux pour tout admirer, mais déjà la voiture s’arrête devant l’hôtel.
Ma chambre est pareille à toutes les chambres de ceux qui ont beaucoup voyagé par envie ou par nécessité et je ne m’arrêterai aux détails d’une pièce où je ne ferai que dormir.
J’enfile des vêtements plus légers et je pars à la découverte de la cité qui durant deux jours accueillera en son sein un colloque international sur le développement de l’Internet.
Dehors, la Piazza della Minerva est mi-ombre, mi-soleil et l' éléphant de marbre du Bernin, son petit obélisque sur le dos et sa trompe recourbée vers l’arrière, semble défier le temps. Le vers de Joachim Du Bellay effleure ma mémoire : " Rome seule pouvait à Rome ressembler ".

Piazza della Minerva - Rome
Ici, le temps et la dimension des choses ne sont plus les mêmes. Le temps n’est pas derrière moi mais sous mes pas, par couches successives et ce sur quoi mes yeux se posent me semble infiniment grand. Cette ville dépasse toute mesure. Et de cet écrasement naît en moi une impression d’éternité. Tout concours à me rappeler que Rome existait bien avant moi et sera encore longtemps après moi.
Une jeune femme blonde, belle comme un rêve, légère comme un elfe, vient de sortir de l’hôtel. Je la regarde passer, elle semble voler. Elle me sourit. Quelque chose d’indéfinissable et d’irrésistible émane d’elle. Elle laisse dans son sillage un parfum inconnu mais agréable et envoûtant. Elle tourne à droite, je prends à gauche. Chacun suit son chemin.
J’erre dans Rome, mon guide touristique à la main pour ne rien perdre des " endroits à ne pas manquer ". L’odeur de la ville pénètre mon corps et me transcende. Demain, je serai enfermé dans une salle de conférences à écouter des interventions parfois lénifiantes alors que dehors, sous le soleil, les terrasses regorgeront de Romains et de touristes. Il n’est pas toujours facile de concilier voyage professionnel et tourisme culturel dans des endroits aussi magiques. L’envoûtement de la cité tient certainement à l’incohérence de son urbanisation anarchique, à ces époques qui s’entremêlent.
Mes errements me conduisent de places en fontaines, d’églises en temples, de musées en palais jusqu’au forum Boarium. Sous le porche de l’église Santa Maria in Cosmedin, je viens admirer l’énorme face de triton qui provient d’une fontaine détruite depuis des siècles. L’inconnue blonde de l’hôtel est là à quelques pas de moi. Je m’avance. Elle me regarde souriante et me demande :
- Vous êtes Français ? Je m’appelle Marie. Je suis informaticienne. Je participe au colloque sur l’Internet.
Mon visage doit refléter l’étonnement et elle s’en rend compte. Je ne parviens pas à articuler un mot. Il reste coincé au fond de ma gorge. Je suis tétanisé, coulé dans le marbre des statues. Mes yeux ne peuvent se détacher de son visage et de son sourire.
Son rire clair me ramène à la réalité et me sort lentement de ma torpeur. Elle m’explique qu’à la réception de l’hôtel, l’employée lui a appris qu’un " autre Français, invité au colloque, venait juste de partir " Elle m’a aperçu de dos au moment où je sortais et elle en a déduit que c’était moi.
Devant mon air éberlué, elle tend la main vers " la bouche de la vérité " en disant :
- Savez-vous qu’au Moyen Age cette bouche formulait des oracles ? On soumettait les menteurs au jugement de Dieu. Innocent, l’accusé conservait sa main ; parjure, il la perdait. Bien entendu, les tribunaux aidaient quelque peu Dieu à prononcer ses jugements. Croyez-vous que je vais garder ma main ?
Je rassemble mon courage. Mon cœur bat dans ma poitrine à tout rompre. Il bat tellement fort que je suis persuadé qu’elle l’entend.

Bocca della Verità - Rome
- Je vous crois sur parole. Mon nom est Emile mais je ne suis pas Français. Je suis Québécois, j’habite à Montréal.. Puis-je vous offrir un café ? Nous aurons le loisir de faire plus ample connaissance.
Durant trois jours, nous ne nous sommes pas quittés. Avec Marie, les rues et les fontaines ont pris un éclat particulier. Nous avons marché, nous avons visité, nous avons beaucoup parlé, et nous avons même fait des achats : une cravate pour moi et un foulard pour elle.
Notre séminaire s’est réduit à ramener les actes du colloque. J’ai cependant fait l’intervention pour laquelle j’étais invité.
Le matin du quatrième jour, nous avons repris le même vol pour Paris. A Roissy, nos adieux ont été difficiles. Il m’a semblé qu’une partie de moi restait en France à moins qu’elle ne soit restée en Italie. Marie a regagné son appartement du XVème arrondissement ; moi, j’ai poursuivi ma route vers Montréal encore plein de sa présence et de son parfum.

La reverrai-je ? Je ne sais pas encore mais tout en moi l’espère.

lundi 16 juin 2014

Ma solitude


2. Ma solitude.

Ma solitude est une femme au visage familier. Du plus loin que je me souvienne, elle a toujours cheminé à mes côtés. Elle me tend la main lorsque je trébuche ; borde mes draps le soir dans ma chambre baignée d’obscurité ; veille sur mes nuits peuplées de rêves et de cauchemars. Au fil du temps, elle prend les traits de la fée d’un livre d’images. Je rêve à elle pour retourner aux songes de mon enfance volée entre un père fantôme et une mère évaporée.
Mon père travaillait dur, ma mère se distrayait. Elle papillonnait de soirées en concerts, de parties de bridge en déjeuners. Chez nous, c’était un défilé incessant de visites et de fêtes, de belles dames en chapeaux et de messieurs en habits. Parfois, j’étais présent et je demeurais sagement assis sur ma chaise. J’avais trouvé une tactique infaillible pour échapper au monde de ma mère. Je m’enfermais dans une bulle. Personne ne la voyait, personne ne la sentait mais pourtant, je vous assure, elle était bien réelle. J’y entrais un pied derrière l’autre ; je m’accroupissais et je refermais tout doucement la porte de peur que la bulle n’éclate. Une fois installé, plus rien ne pouvait m’arriver : je n’entendais rien, je ne voyais rien, je ne pensais à rien. Le monde tout autour de moi devenait transparent.
J’étais la fierté de ma mère : son petit garçon " tellement " sage et de surcroît " si " bon élève. Sûr, j’allais faire de solides études.
Ces études, je les ai faites. Je suis devenu " diplômé universitaire " mais un diplômé toujours solitaire. Je me suis retiré du monde, sans amis, sans relations, entouré seulement de livres et de cahiers et j’ai été reçu avec une couronne de lauriers. Reçu " cum laudae ".
J’ai travaillé comme l’a fait mon père et, maintenant qu’il n’est plus là, je comprends ce qu’a été sa vie, ce qu’a été sa souffrance.
" Travail - Honneurs - Travail ".
Mon père se sentait seul même au milieu de la foule.
Les mains qui se tendaient, les sourires qui s’échangeaient, les formules vides de sens étaient pour lui des déchirures. Il recherchait dans l’Autre la partie qui lui manquait. Il voulait s'apprivoiser et vivre en harmonie avec lui-même et avec ses semblables. Il n’a pas pu apprendre à s'asseoir à la bonne distance entre l'esseulement et la solitude. Il cherchait un mot, un sourire, un geste sincère et sa quête s’est terminée sur la rive de la désespérance d’une vie gâchée en vain.
Sa compagne est aussi la mienne. Et ma vie ressemble à la sienne. 
Elle lui ressemble jusqu’à ce jour, où je me retrouve au pied de cette forteresse. Ils sont venus me déposer comme un paquet trop encombrant. Je marche seul sur le chemin du bord de mer vers le castel puissant, formidable, campé tel un géant entre la mer infinie et des champs marécageux plantés de roseaux qui ondulent sous le vent. C’est la nuit. Un rayon de lune blanche éclaire mes pas. Il n’y a rien que cette bâtisse et la plage déserte. Je n’ai pas le choix, je dois avancer. Tout au loin un chien hurle ou du moins je crois que c’est un chien. Je chantonne à mi-voix. Je ne suis pas rassuré. Mon chant devient plus puissant à mesure que la peur me gagne. Je ne sais pas ce qui m’attend derrière cette haute porte vers laquelle je me dirige. Je n’ai pas besoin de frapper ; elle est entrouverte. Je pousse le lourd vantail. Les gonds grincent. J’entre. Tout est calme et reposé. Je m’arrête, j’écoute. J’entends une clochette tintinnabuler. Où suis-je ? 

Et puis, tout va très vite. On me pousse fermement dans le dos et je grimpe des escaliers. Ils tournent et ma tête avec eux. C’est très haut, très long, très difficile. Mon cœur cogne dans ma poitrine. Mes muscles me font mal. Je ne suis pas rompu aux exercices physiques. Je ne suis qu’un intellectuel. On me pousse dans une pièce, je m’écroule sur le sol. Une porte se referme et j’entends le cliquetis d’une clé.

Prison du palais des Doges - Venise

dimanche 15 juin 2014

Cliquetis

Nouvelle en trois volets écrite dans le cadre d'un concours à Télé Québec en 1998 sous la direction de Pierre Samson;



1. CLIQUETIS

Cliquetis, cliquètement ;
Demain, j’aurai cinquante ans.
J’aurai cinquante ans demain.
Triste jour anniversaire.
Tristes souvenirs d’un homme seul face à lui-même.
En me regardant ce matin sur le dos de ma gamelle polie par le passage de mes doigts, j’ai peine à reconnaître la créature qui me regarde. Je lui tiens un discours mais en vérité je garde le silence. Et les mots que je ne prononce pas ne sont que l’écho de ma solitude.
Seul.
Je suis seul, désespérément seul face à moi-même qui est un autre.
Et je m’interroge sur ce moi et sur cet autre.
Comment en suis-je arrivé à un point tel de décadence morale, physique et psychologique ?
Je sais à présent que personne n’est à l’abri d’un fêlure, d’un faux pas, d’une chute. Je connais le chemin de l’homme qui a marché dans une crotte et qui tente en vain de l’ôter de sa chaussure. Ni l’herbe grasse d’un jour d’été, ni le tapis multicolore des feuilles de l’automne, ni la neige immaculée de l’hiver, ni le sol vierge du printemps n’arrive à enlever cette scatologique offrande à l’homme qui a fauté. 
Economiste distingué, maîtrisant à la perfection l’abscisse et l’ordonnée, l’offre et la demande, le beurre et les canons, me voilà relégué au rang de cultivateur de chenilles, d’éleveurs de papillons. J’observe les cafards au plafond pour tenter de tromper le mien.
Tromper le mien... Je ne lui suis même pas fidèle. Pour sûr, je ne suis qu’un homme et les cafards ne me sont utiles qu'à améliorer l’ordinaire d’une cordon-bleu trop avare sur la qualité et la quantité des mets qu’elle nous sert. On ne peut vraiment pas dire que j’engraisse depuis que je suis ici. Le costume que je porte, le même depuis quinze ans, flotte au vent des courants d’air de mon réduit et j’imagine aisément qu’il est passé de mode depuis bien longtemps. Si j’ai ôté ma cravate, c’est plus par obligation que par choix véritable. Ici 
" Il n’est pas autorisé de se distinguer de ses condisciples
par des éléments extérieurs perturbateurs ".

Je l’aimais bien ma cravate. Elle était si vive, si orange vif, ornée d’oies blanches et de fleurs bleu nattier et coupée dans la meilleure soie. Je l’avais achetée en même temps qu’une paire de gants en cuir fin, de l’autre côté de la fontaine de la Barcaccia, Piazza di Spagna au pied des escaliers de la Trinité-des-Monts, chez Di Cori, à Rome.
Il est sept heures.
Le cadran solaire situé de l’autre côté de la cour, par delà le jardinet, me l’indique et le cliquetis des clés me rappelle que l’heure de la " collation " matinale est arrivée. Dans un instant, elle va introduire sa grosse clé dans la serrure et celle-ci, en tournant va libérer le pêne sis à l’extrême droite dans la gâche. Elle va m’apparaître tel l’ange noir, drapée dans sa robe bien trop large ceinturée d’un rosaire et derrière son voile, je ne verrai de son visage que ses yeux éteints d’avoir trop pleuré le sort de nos âmes. Elle me tendra un quignon de pain, une poire et un broc d’eau fraîche et me dira de sa voix douce :
- " Dieu ait ton âme ".
Mais que peut-elle savoir de l’âme ?. Les femmes, c’est bien connu, n’ont pas d’âme ; seulement des états d’âme. Et elle, plus qu’une autre, de par sa fonction, doit en avoir face à nous, les misérables pécheurs. 
Elle n’a rien d’une froide ascète et ne fuit nullement la société des femmes ; mais, perdue sur ces rivages à mille milles de toutes terres habitées, ses seules compagnes n’ont pour noms que sternes, mouettes et avocettes. Oh ! comme je voudrais me mêler aux oiselles ... Sa piété exacte, scrupuleuse et fervente, lui permet de se mêler aux oiseaux et d’engager avec eux des dialogues secrets. Peut-être porte-t-elle le nom de Claire, l’amie de François qui parlait si bien aux oiseaux et aux loups ? Je n’ai jamais osé le lui demander. Je ne me suis jamais permis de lui parler et je me demande même si des sons sortiraient encore de ma gorge.
Quinze ans de silence.
Quinze ans de souffrance.
Quinze ans d’amertume, causés par la bêtise, la méchanceté et la cupidité des hommes.
Quinze longues années à tenter d’échapper à mon destin, enfermé au sommet d’une tour pour un crime que je n’ai pas commis. Je n’ai d’ailleurs pas été jugé. On ne juge pas un innocent et ils m’ont dit :
-" C’est pour ton bien " puis ils m’ont pris le mien. Ils m’ont volé mes plus belles années, mes plus belles amours, mes plus belles expériences. Ils étaient jeunes et gais et moi, je ne suis plus qu’un vieillard, les tempes grisonnantes et la barbe en collier d’argent. Je suis le petit Poucet perdu et je ne retrouve plus mes cailloux. Je me refuse à sonner du cor parce que moralement je ne peux demander du secours et je me débats avec mon être. 
" Si jeunesse savait ; si vieillesse pouvait ". Je ne sais plus rien et je ne peux plus rien. Je n’ai péché ni par action ni par omission. Je n’ai aucun passé et aucun avenir, et seule ma vieille chienne arrive à me comprendre. Le travail qu’elle occasionne à ma gardienne n’est rien à côté du plaisir qu’elle me procure. J’aime la caresser, la flatter, jouer avec ses bonnes chairs flasques et je rêve de la promener à nouveau dans la montagne. Mais elle se balade, libre sur la grève ou dans le jardinet où elle se soulage le plus souvent. Et chaque matin, dans une routine quotidienne, mon ange noir s’attelle à rendre à l’espace clos son visage d’humanité : elle ramasse les crottes qui serviront à fumer ses parterres fleuris de géraniums .
Sortir d’ici est impossible. Etre quelqu’un l’est tout autant.
La clé tourne dans la serrure ; elle entre, me tend mon quignon de pain, ma poire et mon broc d’eau fraîche et avant qu’elle n’ait eut le temps de dire : " Dieu ait ton âme ", quinze années de hargne émergent de ma poitrine. Dans un cri libérateur, tel Dracula, je me jette sur elle et la mords dans le cou. Elle bat des cils par deux fois, s’écroule sur le sol. Un filet de sang s’échappe ; je le suce avec avidité et je le sens qui pénètre mon être. Il se met à couler dans mes veines. Il me fait un bien fou et je me sens renaître, je me vois rajeunir. Je deviens elle. Je suis elle. Je la regarde allongée sur le sol, immobile. Je la dévêts promptement, enfile sa longue robe noire et mets son voile. Je ne peux m’empêcher de contempler une dernière fois ce visage immaculé et souriant. Elle avait les cheveux blonds et le sourire d’un ange. Pauvre ange ! Si belle, si pure !
Je sors de ma geôle, referme la porte dans un cliquetis de clés et pars à la recherche de ma nouvelle identité.
Au pied de la tour, je trouve sa cellule. Je pousse la porte sur laquelle se trouve un écriteau 
" Rentre dans ta cellule et fermes-en la porte
Aux tumultes du monde, à sa vaine rumeur " .

J’entre : un lit en fer, un prie-Dieu, un crucifix, une chaise et une table de bois sombre. Sur la table, une boite, une télévision d’un modèle inconnu. Mon " Elle " me pousse vers cette chose. Je l’allume et je me vois transporté sur les autoroutes de l’information.
" Bienvenue sur l’Internet
Tapez votre mot de passe "

Mes doigts vont et viennent sur le clavier dans un cliquetis de touches. Je pars à la recherche de mon expérience volée quinze ans plus tôt par un groupe de jeunes étudiants en économie à l’Université de Commerce Y-Bride En Réseau (CYBER). Les pages défilent à toute allure comme les pages de ma vie mêlées à celle de l’Autre. L’Autre, c’est Marie - elle s’appelait Marie et moi je suis celui qui a bâti le réseau du commerce électronique : " L'offre d'un ensemble de produits et de services qui permettent aux entreprises et aux consommateurs de réaliser des transactions et de partager de l'information essentielle à la relation d'affaires dans un délai de temps adéquat en utilisant des réseaux électroniques et des systèmes et applications informatiques ! " Ce fut mon seul et unique péché... Il m’a coûté ma liberté et m’a rendu fou une fraction de seconde ; juste assez pour devenir un assassin.
Un cliquetis derrière moi ; je me retourne. Marie est là, souriante. Elle me tend une tasse de thé et me dit :
- " Tu n’es décidément pas sérieux ; tu as encore passé la nuit derrière ta machine. Bon anniversaire, mon chéri ! "
Je regarde ma montre il est sept heures dix ; mon costume est fripé et ma cravate orange vif, ornée d’oies blanches et de fleurs bleu nattier est roulée sur le bord de mon bureau. Ma chienne dort à mes pieds. Tel mon ange gardien, Marie me regarde avec des yeux dans lesquels je peux lire tout l’amour du monde.
Toute cette histoire n’a-t-elle été qu’un cyberRêve ou est-ce la cyberRéalité ?

Cliquetis, cliquètement,
J’ai cinquante ans.
J’éteins l’écran.

Pont des Soupirs - Venise

samedi 14 juin 2014

Les cadenas d'amour

HuffPost du 12 juin, "37 grilles du pont des Arts et de l'Archevêché retirées à cause du poids des cadenas d'amour". Cette décision a été prise suite à l'effondrement le 8 juin d'une partie du grillage de la passerelle des Arts à Paris qui enjambe la Seine au niveau du Louvre et offre une des plus jolies vues de Paris.

Pont des Arts - Paris - 14 décembre 2013
Mais qu'est-ce donc que ces "cadenas d'amour" ? D'où viennent-ils ? Et depuis quand ?

Les cadenas sont accrochés par des couples sur des ponts (et parfois ailleurs) pour prouver au monde leur amour. Ils comportent souvent les noms ou les initiales de ceux qui les accrochent, ou toute autre inscription décrivant leur relation : date de leur rencontre, de leur mariage ou de la pose du cadenas. La clé est jetée dans l'eau de la rivière qui coule sous le pont. Cette pratique a pris de l'extension et est combattue par certaines municipalités qui y voient une dégradation des équipements publics, comme au Ponte Vecchio de Florence ou au Ponte dell'Accademia de Venise.

Ponte dell'Accademia - Venezia - 25 mai 2014
De nombreux pays sont touchés par le phénomène sans que l'on sache qui de l'oeuf ou de la poule. Tout partirait d'une légende serbe du début du XXème siècle. La mode se serait propagée en Italie suite à des livres et des films. Pour d'autres, ce serait de Hongrie que la phénomène serait parti ou bien de Cologne. Le lieu importe peu ; le phénomène est aujourd'hui bien ancré.

J'avoue que la première fois où je les ai vus c'était à Cologne il y a quelques années et je n'ai pas vraiment compris... Sans doute mon "romantisme" se trouve ailleurs... car je ne vois pas l'utilité d'accrocher sur des ponts ou des équipements publics un cadenas qui symboliserait mon amour...

Pont Hohenzoller - Cologne - 12 mai 2010
Néanmoins, je suis loin d'adhérer à la pétition de Lisa Anselmo et Lisa Taylor Huff qui voudrait en interdire la pratique.


Il y a certainement moyen de trouver un modus vivendi entre ceux qui veulent pour de bonnes ou de mauvaises raisons et ceux qui ne veulent pas pour de mauvaises et de bonnes raisons. Peut-être quelque chose comme à Séoul

N Tower - Séoul - 23 avril 2011
N Tower - Séoul - 23 avril 2011
Néanmoins, il faut reconnaître que Les « cadenas d'amour », une maladie mystérieuse et contagieuse  (Journal Le monde du 11 juin) et cette maladie a pris de l'extension au point que des sites Internet vendent des cadenas "typiquement" pour les ponts tel Cadenas-Pour-Ponts.fr avec en prime quelques explications, Amazon et Ebay se devaient d'être de la partie tout comme de nombreux sites de gravure de cadenas...


Ah l'amour ! Il devrait être liberté mais aujourd'hui beaucoup le veulent cadenassé.

vendredi 13 juin 2014

13 juin - unique vendredi 13 de 2014



Vendredi 13 c'est l'unique occasion cette année d'encaisser le gros lot dans les jeux de tirage ou de grattage. C'est un jour béni pour les loteries nationales qui enregistrent des records de mises et qui proposent des super cagnottes pour l'occasion.


Douze étant un nombre complet et parfait, treize représente le début d'un nouveau cycle, d'une nouvelle vie et est de ce fait devenu le symbole de la mort depuis l'antiquité mais aussi du renouvellement. C'est vraisemblablement de cette époque que remonte la peur liée au chiffre 13. Il faut dire qu'en ce temps là, tout était en base 12 (système duodécimal). Il y avait 12 tribus en Israël, 12 lunes dans l'année, 12 heures de jour, 12 heures de nuit, 12 travaux d'Hercule, 12 signes du zodiaques... et le 13 ne pouvait que porter malheur puisqu'il suivait le 12 parfait. Pour ce qui est de la cène, il y avait 13 convives et ça ne s'est pas vraiment bien terminé ;)


Aujourd'hui, il n'y a pas de 13ème salle dans un cinéma, de 13ème rangée dans les avions ni de 13ème étage dans les hôtels et encore moins de chambre numéro 13. Cette peur s'est transmise de générations en générations et les triscaidécaphobes, paraskevidékatriaphobes (gens qui ont peur du 13) sont nombreux.


Chez les Aztèques, 13 est un nombre cosmogonique associé au monde diurne et céleste. Treize est l'unité de temps du calendrier rituel basé sur un cycle de 52 ans (13x4). Treize jours c'est également la durée de la semaine aztèque. Le nombre 13 se retrouve souvent dans les romans gallois.


Pour ce qui me concerne, 13 est un chiffre porte bonheur. J'ai réussi mon permis de conduire un vendredi 13 !