jeudi 18 septembre 2025

Un jour, une expression - Motus et bouche cousue

 


Sens et Signification

L'expression "Motus et bouche cousue" est une injonction, une recommandation ou une promesse de garder un secret absolu. Elle signifie qu'il ne faut rien dire, ne rien divulguer sur un sujet donné. C'est un engagement à un silence total et inviolable.

Elle est souvent employée pour sceller un pacte de confidentialité entre deux ou plusieurs personnes. La force de l'expression réside dans sa double image :

  • Motus : Impératif de silence.

  • Bouche cousue : Métaphore physique très forte qui suggère l'impossibilité matérielle de parler.


Origine et Étymologie

L'expression est une combinaison de deux éléments d'origines différentes qui se sont renforcés mutuellement.

  1. Motus : Ce mot vient directement du latin. Mutus signifie "muet". En français, "motus" est utilisé comme une interjection pour imposer le silence. Son usage est attesté dès le XVIe siècle. Il est à rapprocher du mot "muet" et du verbe "se mutiner" dans son sens ancien de "garder le silence".

  2. Bouche cousue : Cette image est très ancienne et universelle. L'idée de coudre la bouche pour empêcher la parole est une métaphore puissante du secret forcé. On la retrouve dans des écrits dès le Moyen Âge. L'écrivain Rabelais, au XVIe siècle, utilise déjà l'expression "bouche cousue" dans Gargantua.

L'association des deux, "Motus et bouche cousue", apparaît plus tardivement, probablement au XIXe siècle. La redondance (deux termes pour dire la même chose) sert à renforcer l'idée de secret absolu, un peu comme dans l'expression "sain et sauf".


Registre et Nuances

  • Registre : L'expression appartient principalement au langage courant et familier. Elle est très employée dans les conversations informelles, et est particulièrement populaire dans le langage enfantin pour garder un secret (un cadeau surprise, une bêtise, etc.). Bien qu'elle soit comprise de tous, on l'évitera dans un contexte très formel ou administratif.

  • Nuances :

    • Complicité : Elle instaure une connivence entre les interlocuteurs. "Motus et bouche cousue" est souvent dit avec un clin d'œil, créant un lien de secret partagé.

    • Mise en garde : Elle peut aussi avoir une connotation plus sérieuse, voire menaçante, signifiant "Tu as intérêt à ne rien dire".

    • Promesse ludique : C'est la nuance la plus fréquente, notamment avec les enfants, transformant le secret en un jeu.


Exemples d'Utilisation

  1. Le secret d'une surprise :

    • "J'ai acheté le cadeau d'anniversaire de papa, mais surtout, quand tu le verras, motus et bouche cousue !"

  2. La confidence entre amis :

    • "Je vais te dire quelque chose, mais c'est entre nous, d'accord ? Alors, motus et bouche cousue."

  3. Dans un contexte professionnel (informel) :

    • "Le projet est encore confidentiel. Concernant les détails, c'est motus et bouche cousue jusqu'à la réunion de lundi."


Expressions Synonymes en Français

Plusieurs expressions véhiculent la même idée de silence et de secret :

  • Ne pas piper mot : Très proche, insiste sur l'absence totale de son.

  • Tenir sa langue : Plus direct et courant.

  • Être une tombe / muet comme une tombe : Met l'accent sur la fiabilité de la personne qui garde le secret.

  • Garder pour soi : Plus neutre et moins imagé.

  • Avaler sa langue : Expression familière pour dire qu'on ne parle pas.


Équivalent dans d'autres Langues

L'idée de silence est universelle, mais les images varient.

  • Anglais : Mum's the word (très proche de "motus"). On dit aussi Keep it under your hat (garde-le sous ton chapeau) ou My lips are sealed (mes lèvres sont scellées).

  • Espagnol : En boca cerrada no entran moscas ("Dans une bouche fermée, les mouches n'entrent pas", un proverbe) ou plus simplement ¡Chitón! (Chut !).

  • Allemand : Kein Wort darüber! ("Pas un mot là-dessus !").

  • Italien : Acqua in bocca! ("De l'eau dans la bouche !"), l'idée étant que si l'on a la bouche pleine d'eau, on ne peut pas parler.


Variantes et Dérivés

L'expression est très figée. Il n'existe pas réellement de variantes. Sa forme est quasi canonique. On peut parfois la raccourcir en disant simplement :

  • "Motus !"

Ce raccourci est très courant et a exactement le même sens impératif. On peut aussi trouver des jeux de mots ou des adaptations humoristiques, mais ils restent anecdotiques.


Usage Contemporain

"Motus et bouche cousue" reste une expression extrêmement populaire et vivante en français. Elle est immédiatement comprise par toutes les générations, en grande partie grâce à son usage fréquent dans la littérature jeunesse, les bandes dessinées (comme Astérix ou Tintin), les films et les séries télévisées.

Sa nature imagée et légèrement théâtrale la rend mémorable et efficace. Elle continue d'être la formule par excellence pour instaurer un climat de secret, que ce soit pour une simple plaisanterie ou pour une confidence plus sérieuse. Son charme un peu désuet contribue à sa longévité.


"Motus et bouche cousue" - l'expression du secret absolu, version couture et latin de cuisine !

Le sens : C'est la formule magique pour dire "silence total !" Quand on dit "motus et bouche cousue", on exige le secret le plus complet, le mutisme le plus parfait. C'est l'omerta version française !

L'origine savoureuse :

  • "Motus" vient du latin "mot" (pas un mot !) - c'est du latin de pacotille, mais ça fait son petit effet !
  • "Bouche cousue" nous donne une image délicieusement dramatique : on imagine littéralement des lèvres recousues comme un ourlet, impossible à ouvrir !

Le côté théâtral : Cette expression cumule les effets ! D'abord le latin pour faire savant, puis l'image de la couture pour faire spectaculaire. C'est du grand art de la redondance : on dit deux fois la même chose, mais c'est justement ça qui rend l'injonction au silence si solennelle !

Exemples truculents :

  • Entre copines : "Je vais te dire qui sort avec qui, mais motus et bouche cousue !"
  • Un enfant qui a fait une bêtise : "Tu promets de ne rien dire à maman ? Motus et bouche cousue ?"
  • En entreprise : "La fusion n'est pas encore annoncée officiellement, alors motus et bouche cousue jusqu'à lundi !"

C'est l'expression parfaite quand un simple "chut !" ne suffit pas et qu'il faut sortir l'artillerie lourde du secret !

mercredi 17 septembre 2025

Un jour, une expression - Prendre au mot

 

Sens et Signification

L'expression "prendre quelqu'un au mot" signifie interpréter ses paroles de manière littérale, en acceptant exactement ce qui a été dit, sans tenir compte d'un éventuel sens figuré, d'une ironie, d'une exagération ou d'une parole dite à la légère. Cela consiste à agir comme si la personne pensait véritablement et sérieusement chaque terme de sa déclaration, la mettant ainsi au défi de joindre le geste à la parole.

Il y a souvent une nuance de défi ou de mise à l'épreuve. En prenant quelqu'un au mot, on le contraint à assumer la pleine responsabilité de ses propos.


Origine et Étymologie

L'origine exacte de l'expression est difficile à dater précisément, mais elle est ancrée dans l'idée que la "parole" (le mot) engage celui qui la prononce. L'expression repose sur l'opposition entre l'intention réelle (qui peut être légère, impulsive) et le sens littéral des mots prononcés.

Étymologiquement, elle se décompose simplement :

  • Prendre : Du latin prehendere, qui signifie "saisir", "attraper". Ici, il s'agit de se saisir de la parole de l'autre.

  • Au mot : C'est-à-dire "au pied de la lettre", mot pour mot.

L'expression sous-entend donc qu'on "saisit" la parole de quelqu'un dans sa forme la plus brute et littérale.


Registre et Nuances

  • Registre : L'expression appartient au langage courant. Elle n'est ni familière ni particulièrement soutenue et peut être utilisée dans la plupart des contextes, aussi bien à l'oral qu'à l'écrit.

  • Nuances :

    • Mise au défi : C'est la nuance la plus courante. On prend quelqu'un au mot pour voir s'il est capable d'assumer ses dires.

    • Crédulité (plus rare) : Parfois, l'expression peut simplement signifier croire naïvement ce que quelqu'un dit, sans chercher de second degré. Cependant, ce sens est moins fréquent.

    • Saisir une opportunité : Si quelqu'un fait une proposition en l'air ("Je te vendrais bien ma voiture pour une bouchée de pain !"), le prendre au mot revient à transformer cette boutade en une offre sérieuse.


Exemples d'Utilisation

  1. Le défi :

    • "Il n'arrêtait pas de dire qu'il pouvait courir un marathon sans entraînement. Un jour, ses amis l'ont pris au mot et l'ont inscrit à une course."

  2. Saisir une perche :

    • Le patron a dit en plaisantant : "Si quelqu'un veut prendre ma place pendant mes vacances, qu'il le dise !". Ambitieuse, elle l'a pris au mot et a préparé un plan de gestion pour la semaine.

  3. La parole en l'air :

    • "J'ai dit que je déménagerais sur un coup de tête si je trouvais une maison à la campagne. Mon conjoint m'a prise au mot, et nous voilà en train de faire nos cartons !"


Expressions Synonymes en Français

Bien qu'aucune ne soit un parfait équivalent, certaines expressions s'en rapprochent :

  • Prendre au pied de la lettre : C'est le synonyme le plus proche, insistant sur l'interprétation littérale.

  • Ne pas faire de détails : Suggère une action directe suite à une parole, sans chercher plus loin.

  • Mettre quelqu'un au pied du mur : Connotation plus forte, forçant quelqu'un à agir ou à se décider, souvent après une promesse ou une déclaration.


Équivalent dans d'autres Langues

  • Anglais : To take someone at their word. L'équivalence est quasi parfaite.

  • Espagnol : Tomar la palabra a alguien. Littéralement "prendre la parole à quelqu'un", l'idée est la même.

  • Allemand : Jemanden beim Wort nehmen. C'est une traduction littérale et l'expression est identique.

  • Italien : Prendere qualcuno in parola. Là encore, la construction et le sens sont très similaires.

On constate que l'image de "saisir la parole" est commune à de nombreuses langues européennes.


Variantes et Dérivés

L'expression est assez figée et n'a pas de variantes courantes. On peut parfois la moduler, mais c'est rare :

  • "Il faut le prendre au mot près." (insistance sur la précision littérale).

  • On peut aussi l'utiliser à la forme négative : "Ne le prends pas au mot, il plaisantait."

Il n'existe pas de dérivés directs (adjectif ou verbe unique).


Usage Contemporain

L'expression "prendre au mot" est toujours très vivante et largement utilisée dans le français contemporain. On la retrouve dans les conversations quotidiennes, dans les médias, la littérature ou le monde politique.

Son usage est particulièrement pertinent dans un contexte social où la communication est rapide et parfois irréfléchie (par exemple sur les réseaux sociaux). Prendre quelqu'un au mot devient alors un moyen de rappeler l'importance de la parole donnée et de la responsabilité qui en découle. C'est une expression intemporelle qui conserve toute sa pertinence.

"Prendre au mot" ! est une expression qui peut transformer une simple conversation en piège redoutable !

Le sens : Prendre quelqu'un au mot, c'est considérer ses paroles comme un engagement ferme et définitif, et agir en conséquence. C'est refuser de laisser passer une déclaration comme une simple parole en l'air et exiger qu'elle soit tenue.

L'origine : L'image est celle du contrat verbal : le "mot" devient une parole donnée, une promesse qu'on "prend" au sérieux. C'est comme si on attrapait les mots au vol pour les transformer en obligation !

Le côté pervers de l'expression : C'est souvent utilisé pour coincer quelqu'un qui a parlé un peu vite ou qui pensait faire de l'esbroufe. C'est l'art de transformer une boutade en engagement solennel !

Exemples croustillants :

  • Votre ami déclare : "Si tu réussis ton examen, je t'offre un voyage !" Vous réussissez et vous le prenez au mot : "Alors, on part quand ?"
  • Un politicien promet : "Je démissionnerai si cette loi ne passe pas." La loi échoue, les journalistes le prennent au mot !
  • En famille : "Maman, tu as dit qu'on irait au parc s'il faisait beau !" - les enfants sont des experts pour prendre les parents au mot.

C'est l'expression parfaite pour tous ceux qui ont une mémoire d'éléphant et qui n'aiment pas qu'on se défile !

mardi 16 septembre 2025

Un jour, une expression - Ne pas mâcher ses mots

 



"Ne pas mâcher ses mots" - est une expression qui nous vient tout droit de l'art de bien parler... ou plutôt de mal parler, selon les circonstances !

Le sens : Cette expression signifie parler de façon directe, franche, sans détour ni ménagement. Quand on ne mâche pas ses mots, on dit exactement ce qu'on pense, sans édulcorer le propos ni prendre de gants.

L'origine : L'image est plutôt amusante ! Normalement, on mâche pour attendrir, pour rendre plus digeste. Ici, c'est l'inverse : ne pas mâcher ses mots, c'est les servir tout crus, sans les avoir "attendris" par la diplomatie ou la politesse. On pourrait dire qu'on sert ses paroles "al dente" !

Quelques exemples savoureux :

  • Votre patron qui vous dit : "Votre rapport est catastrophique, vous avez raté tous les points importants" - là, il ne mâche pas ses mots !
  • Une critique de restaurant : "Ce plat est immangeable et le service déplorable" - le critique ne mâche pas ses mots non plus.
  • Entre amis : "Ton nouveau copain, franchement, il n'est pas terrible" - là encore, pas de mâchage de mots !

C'est une expression qu'on utilise souvent quand quelqu'un fait preuve d'une honnêteté un peu brutale... mais parfois nécessaire !


Sens et signification

"Ne pas mâcher ses mots" signifie parler franchement, directement, sans ménagement ni diplomatie excessive. L'expression évoque quelqu'un qui dit ce qu'il pense sans édulcorer ses propos, qui n'hésite pas à tenir des discours fermes, voire durs, quand il l'estime nécessaire. Elle implique une certaine brutalité verbale assumée, une volonté de dire les choses crûment plutôt que de les enrober de formules polies. C'est l'opposé de la langue de bois ou de la communication diplomatique.

Origine et étymologie

Cette expression remonte au XVIe siècle et utilise une métaphore alimentaire très concrète. "Mâcher" ses mots fait référence à l'action de mâcher les aliments avant de les avaler pour les rendre plus tendres et digestibles. Par analogie, "mâcher ses mots" signifierait les adoucir, les rendre plus acceptables avant de les "servir" à son interlocuteur. Inversement, "ne pas mâcher ses mots" évoque l'idée de servir des paroles "dures" sans les avoir préalablement adoucies. L'expression s'inspire de la sagesse populaire qui associe la préparation de la nourriture à celle du discours, toutes deux nécessitant parfois un travail préalable pour être bien reçues.

Registre et nuances

L'expression appartient au registre courant et peut être utilisée dans la plupart des contextes. Elle véhicule généralement une connotation positive d'authenticité et de courage, mais peut aussi suggérer un manque de tact selon les situations. Le ton peut être admiratif (pour saluer la franchise de quelqu'un), neutre (simple constat), ou parfois réprobateur si la brutalité des propos semble excessive. Elle évoque souvent une qualité appréciée dans certaines circonstances mais redoutée dans d'autres.

Exemples d'utilisation

  • "Le directeur n'a pas mâché ses mots lors de la réunion : les résultats sont catastrophiques."
  • "Elle ne mâche jamais ses mots quand il s'agit de défendre ses convictions."
  • "Il n'a pas mâché ses mots avec son fils sur ses mauvaises notes."
  • "Cette journaliste ne mâche pas ses mots face aux politiques, c'est rafraîchissant."
  • "Le médecin n'a pas mâché ses mots : il fallait absolument que j'arrête de fumer."

Expressions synonymes en français

  • "Parler franchement"
  • "Dire les choses crûment"
  • "Ne pas y aller avec le dos de la cuillère"
  • "Appeler un chat un chat"
  • "Dire tout net"
  • "Parler sans détour"
  • "Ne pas prendre de gants"
  • "Aller droit au but"
  • "Mettre les pieds dans le plat"
  • "Dire ses quatre vérités"
  • "Parler cash" (familier)

Équivalent dans d'autres langues

  • Anglais : "To not mince words", "To speak one's mind", "To be blunt"
  • Espagnol : "No morderse la lengua", "Hablar sin rodeos", "Decir las cosas claras"
  • Italien : "Non masticare le parole", "Dire pane al pane"
  • Allemand : "Kein Blatt vor den Mund nehmen", "Klare Worte sprechen"
  • Portugais : "Não mastigar as palavras", "Falar sem rodeios"

Variantes et dérivés

  • "Il ne mâche jamais ses mots"
  • "Sans mâcher ses mots"
  • "Elle n'a pas mâché ses mots"
  • "Quelqu'un qui ne mâche pas ses mots"
  • "Ne pas mâcher les mots"
  • "Dire sans mâcher"
  • "Parler sans mâcher"

Usage contemporain

L'expression conserve toute sa pertinence dans le français contemporain, particulièrement dans notre époque où la communication authentique est à la fois recherchée et redoutée. Elle est fréquemment utilisée dans les contextes politiques et médiatiques pour qualifier des personnalités qui refusent la langue de bois, dans le monde professionnel pour décrire un management direct, ou dans la vie privée pour saluer la franchise de quelqu'un. L'expression trouve un écho particulier à l'ère des réseaux sociaux où la parole directe est souvent valorisée face aux discours policés institutionnels. Elle peut aussi décrire des influenceurs, des journalistes ou des personnalités publiques qui se distinguent par leur franc-parler. Dans le contexte du "politiquement correct" et des débats sur la liberté d'expression, elle évoque une qualité parfois menacée mais toujours appréciée. L'expression illustre la tension permanente entre la nécessité de dire la vérité et celle de préserver les relations sociales par la diplomatie.

lundi 15 septembre 2025

Citation de la semaine 38


 L'été qui s'enfuit est un ami qui part. Victor Hugo

dimanche 14 septembre 2025

Un jour, une expression - Passer à tabac

 


"Passer à tabac" c'est tout sauf joyeux. Cette expression signifie rouer quelqu'un de coups, le tabasser violemment. Et curieusement, l'étymologie est moins claire...

Une théorie suggère que ça viendrait du jeu de la mourre (un ancien jeu de hasard) où "tabac" désignait les coups donnés. Une autre évoque le fait que les coups laissent des marques brunes comme... le tabac. Bref, les linguistes se disputent encore, mais le résultat est le même : ça fait mal !

Donc attention à ne pas confondre :

  • "Son spectacle fait un tabac" = triomphe, applaudissements, champagne ! 🎉
  • "Il s'est fait passer à tabac" = coups, bleus, hôpital... 🏥

C'est un piège classique pour les non-francophones (et parfois même pour nous). Imagine la tête d'un étranger qui apprend le français et qui entend : "Hier soir, Céline Dion a fait un tabac à Las Vegas" suivi de "Le pauvre homme s'est fait passer à tabac dans la ruelle"... De quoi avoir des sueurs froides sur le sort de la chanteuse !

La langue française, toujours prête à nous surprendre avec ses faux-amis internes ! 


Sens et signification

"Passer à tabac" signifie battre quelqu'un violemment, le rouer de coups, l'agresser physiquement avec brutalité. L'expression évoque une violence physique intense et généralement collective, souvent dans un contexte de règlement de comptes, de vengeance ou d'intimidation. Elle implique des coups répétés et une volonté de faire mal, dépassant la simple altercation pour atteindre le niveau du passage à tabac systématique.

Origine et étymologie

Cette expression remonte au XIXe siècle et son origine étymologique reste débattue. La théorie la plus répandue fait dériver "tabac" du verbe "tabasser" qui signifie frapper. Une autre hypothèse suggère que "tabac" viendrait de l'argot où ce mot désignait les coups donnés, par analogie avec l'action de battre les feuilles de tabac pour les préparer. Il existe aussi une possible origine dans l'expression "faire du tabac" (faire du bruit, du scandale) qui aurait évolué vers l'idée de violence. L'expression s'est développée dans le langage populaire et policier pour désigner spécifiquement les violences physiques graves.

Registre et nuances

L'expression appartient au registre familier et argotique. Elle a une connotation très négative et violente, évoquant des actes répréhensibles et illégaux. Le ton peut être menaçant, indigné, ou simplement descriptif selon le contexte. L'expression véhicule toujours l'idée d'une violence grave et condamnable, bien au-delà d'une simple bagarre ou dispute.

Exemples d'utilisation

  • "Il s'est fait passer à tabac par une bande de voyous."
  • "Les manifestants ont dénoncé les policiers qui les avaient passés à tabac."
  • "Si tu continues à nous embêter, on va te passer à tabac."
  • "Le témoin a été passé à tabac pour l'empêcher de témoigner."
  • "Il a été hospitalisé après s'être fait passer à tabac dans cette bagarre."

Expressions synonymes en français

  • "Tabasser"
  • "Rouer de coups"
  • "Passer à la correction"
  • "Faire la peau"
  • "Démolir" (familier)
  • "Casser la gueule" (vulgaire)
  • "Massacrer"
  • "Lyncher"
  • "Molester"
  • "Malmener"
  • "Agresser violemment"

Équivalent dans d'autres langues

  • Anglais : "To beat up", "To rough up", "To give someone a beating"
  • Espagnol : "Dar una paliza", "Moler a palos", "Pegar una tunda"
  • Italien : "Picchiare", "Menare", "Fare a pezzi"
  • Allemand : "Verprügeln", "Zusammenschlagen", "Durchprügeln"
  • Portugais : "Dar uma surra", "Espancar", "Bater violentamente"

Variantes et dérivés

  • "Se faire passer à tabac"
  • "Passer quelqu'un à tabac"
  • "Un passage à tabac"
  • "Tabasser" (verbe dérivé)
  • "Tabassage" (substantif)
  • "Tabasseur" (celui qui passe à tabac)
  • "Passer à tabac en règle"

Usage contemporain

L'expression reste malheureusement d'actualité dans le français contemporain, utilisée principalement dans les contextes journalistiques, policiers et judiciaires pour décrire des faits de violence. Elle apparaît régulièrement dans les médias lors de reportages sur des agressions, des violences policières, des règlements de comptes ou des faits divers violents. L'expression est aussi présente dans la littérature policière, le cinéma et les séries télévisées pour décrire des scènes de violence. Elle peut être utilisée métaphoriquement dans certains contextes sportifs ou professionnels pour évoquer une défaite écrasante ou une critique très sévère, bien que cet usage reste limité compte tenu de la gravité du sens littéral. L'expression illustre la permanence de la violence dans les rapports humains et la nécessité de disposer de mots précis pour la décrire et la condamner. Elle conserve toute sa force expressive pour qualifier des actes de violence grave qui restent malheureusement une réalité sociale.

samedi 13 septembre 2025

Un jour, une expression - Faire un tabac

 


"Faire un tabac" ! Expression savoureuse qui n'a absolument rien à voir avec le fait de rouler des cigarettes ou de cultiver du tabac dans son jardin. C'est même tout l'inverse : quand on "fait un tabac", on cartonne, on triomphe, on connaît un succès phénoménal !

L'origine est plutôt amusante : au 19ème siècle, les spectateurs enthousiastes dans les théâtres avaient pour habitude de taper du pied si fort que cela soulevait des nuages de poussière - et comme les gens fumaient beaucoup à l'époque, cette poussière mélangée à la fumée créait un véritable "tabac" dans la salle. Plus le spectacle était apprécié, plus on tapait, plus ça faisait de "tabac" !

Quelques exemples concrets :

  • Ta grand-mère qui débarque au repas de famille avec son nouveau tatouage de dragon fait un tabac (même si tante Gertrude manque de s'étouffer avec sa soupe)
  • Le dernier film de superhéros fait un tabac au box-office (les spectateurs se ruent dessus comme des mouches sur un pot de confiture)

L'expression fonctionne dans tous les domaines : spectacle, business, réseaux sociaux, cuisine... Dès que quelque chose rencontre un succès retentissant et fait parler de soi, c'est du tabac garanti !


Sens et signification

"Faire un tabac" signifie remporter un succès éclatant, connaître un triomphe retentissant, ou encore obtenir un accueil enthousiaste du public. L'expression s'applique principalement aux domaines artistiques (spectacles, films, livres, chansons) mais peut s'étendre à toute réussite remarquable qui suscite l'admiration générale. Elle évoque un succès qui dépasse les attentes et provoque l'enthousiasme collectif.

Origine et étymologie

Cette expression remonte au XIXe siècle et trouve son origine dans le vocabulaire théâtral. Le terme "tabac" vient du bruit que faisaient les spectateurs enthousiastes en tapant leurs pieds sur le plancher des théâtres pour manifester leur approbation. Ce martèlement rythmé évoquait le bruit que font les ouvriers qui battent le tabac pour le préparer. L'expression s'est développée dans les milieux artistiques parisiens pour désigner ces moments magiques où le public exprime bruyamment son enthousiasme. Elle s'est ensuite étendue à tous les domaines pour qualifier un succès qui fait du bruit et suscite l'adhésion massive.

Registre et nuances

L'expression appartient au registre familier à courant. Elle véhicule une connotation très positive d'enthousiasme, de réussite éclatante et de reconnaissance publique. Le ton est généralement admiratif, joyeux ou triomphant. Elle peut exprimer la satisfaction de l'artiste qui réussit, l'admiration du public, ou simplement constater un succès objectif. L'expression conserve une dimension spectaculaire qui évoque le monde du divertissement.

Exemples d'utilisation

  • "Sa nouvelle pièce fait un tabac depuis l'ouverture, c'est complet tous les soirs."
  • "Ce jeune chanteur a fait un tabac au festival avec sa première chanson."
  • "Son livre fait un tabac en librairie, il est déjà réimprimé trois fois."
  • "Cette série télé fait un tabac auprès des adolescents."
  • "Sa présentation a fait un tabac lors de la conférence, tout le monde en parle."

Expressions synonymes en français

  • "Faire un malheur"
  • "Faire fureur"
  • "Cartonner"
  • "Faire un carton"
  • "Avoir un succès fou"
  • "Faire sensation"
  • "Triompher"
  • "Crever l'écran"
  • "Faire un triomphe"
  • "Remporter un franc succès"
  • "Faire un boeuf" (argot des musiciens)

Équivalent dans d'autres langues

  • Anglais : "To be a hit", "To be a smash hit", "To bring the house down"
  • Espagnol : "Hacer furor", "Ser un éxito", "Arrasar"
  • Italien : "Fare furore", "Avere un successo strepitoso", "Spopolare"
  • Allemand : "Einen Riesenerfolg haben", "Einschlagen wie eine Bombe"
  • Portugais : "Fazer sucesso", "Ser um estouro", "Arrasar"

Variantes et dérivés

  • "C'est un tabac"
  • "Quel tabac !"
  • "Faire un tabac monstre"
  • "Son tabac" (le succès de quelqu'un)
  • "Un tabac phénoménal"
  • "Faire un tabac d'enfer"
  • "Le tabac de la soirée"

Usage contemporain

L'expression reste extrêmement vivante dans le français contemporain, particulièrement dans les domaines culturels et médiatiques. Elle est omniprésente dans la critique artistique, les médias spécialisés et la presse people pour qualifier les succès de films, séries, livres, albums ou spectacles. Dans l'ère du divertissement de masse et des réseaux sociaux, elle s'applique aussi aux contenus viraux, aux influenceurs qui percent, ou aux applications qui rencontrent un succès fulgurant. L'expression a conservé sa connotation théâtrale et spectaculaire qui correspond parfaitement à notre époque de la performance et de la visibilité médiatique. Elle peut aussi s'appliquer de manière plus large aux succès professionnels, aux lancements de produits, ou aux événements qui marquent l'actualité. L'expression illustre la permanence du vocabulaire artistique dans notre façon de concevoir le succès, conservant l'image du public qui applaudit et manifeste bruyamment son enthousiasme.

vendredi 12 septembre 2025

Un jour, une expression - La huitième merveille du monde

 


"La huitième merveille du monde"

est une expression qui souffre d'un embonpoint superlatif chronique ! Qualifier quelque chose de "huitième merveille du monde", c'est faire preuve d'un optimisme architectural débordant et d'une générosité hyperboleuse qui ferait rougir les anciens bâtisseurs.

L'histoire nous a légué sept merveilles du monde antique - des Jardins suspendus de Babylone au Colosse de Rhodes - mais l'humanité, dans son élan créatif irrépressible, n'a jamais pu s'arrêter à ce chiffre pourtant parfait. Depuis des siècles, nous décernons allègrement ce titre de "huitième merveille" à tout ce qui nous impressionne un tant soit peu : un pont audacieux, une cathédrale gothique, un plat de grand-mère particulièrement réussi, voire le dernier smartphone révolutionnaire !

Cette expression révèle notre besoin insatiable de sacraliser ce qui nous émerveille. C'est l'inflation du superlatif à l'état pur : puisque "magnifique" ne suffit plus, proclamons cela "merveille du monde" ! Le Guide Michelin a ses étoiles, nous avons nos merveilles numérotées à l'infini.

Exemples d'usage :

  • "Ce petit restaurant de quartier ? C'est la huitième merveille du monde !"
  • "Pour lui, sa collection de timbres est la huitième merveille du monde"
  • "Les touristes appellent ce château la huitième merveille, mais franchement..."

Dans la littérature, cette expression sert souvent à moquer gentiment l'enthousiasme excessif des personnages ou à souligner ironiquement le décalage entre perception et réalité. Balzac l'utilisait volontiers pour croquer ses bourgeois aux ambitions démesurées !



Sens et signification

"La huitième merveille du monde" désigne quelque chose d'extraordinairement beau, impressionnant ou remarquable, qui mériterait d'être ajouté à la liste des sept merveilles du monde antique. L'expression est utilisée pour exprimer une admiration extrême face à une création humaine, un paysage naturel, ou parfois ironiquement face à une personne aux qualités exceptionnelles. Elle évoque l'idée que l'objet de l'admiration surpasse tout ce qui existe et mérite une reconnaissance universelle.

Origine et étymologie

Cette expression trouve ses racines dans l'Antiquité classique avec la liste des sept merveilles du monde établie par les auteurs grecs et romains : le phare d'Alexandrie, les jardins suspendus de Babylone, le colosse de Rhodes, le temple d'Artémis à Éphèse, le mausolée d'Halicarnasse, la statue de Zeus à Olympie, et la pyramide de Khéops. Ces monuments étaient considérés comme les plus extraordinaires réalisations de l'humanité antique. L'idée d'une "huitième merveille" est apparue dès l'époque moderne pour qualifier des créations jugées dignes de figurer aux côtés de ces chefs-d'œuvre légendaires. L'expression s'est popularisée pour exprimer le superlatif absolu en matière de beauté et de grandeur.

Registre et nuances

L'expression appartient au registre courant et peut être utilisée dans tous les contextes. Elle véhicule une forte connotation d'admiration et d'émerveillement. Le ton peut être sincèrement admiratif, enthousiaste, ou parfois ironique et hyperbolique quand on veut exagérer l'éloge. Elle peut aussi être employée avec une nuance humoristique pour qualifier quelque chose de remarquable dans un registre plus familier.

Exemples d'utilisation

  • "Ce château restauré est vraiment la huitième merveille du monde !"
  • "Pour lui, sa nouvelle voiture est la huitième merveille du monde."
  • "Ce paysage de montagne au coucher du soleil, c'est la huitième merveille du monde."
  • "Sa grand-mère cuisine si bien qu'on dirait que ses plats sont la huitième merveille du monde."
  • "Il présente toujours ses projets comme la huitième merveille du monde."

Expressions synonymes en français

  • "Un chef-d'œuvre absolu"
  • "Une merveille"
  • "Extraordinaire"
  • "Exceptionnel"
  • "Unique au monde"
  • "Sans égal"
  • "Incomparable"
  • "Prodigieux"
  • "Magnifique"
  • "Époustouflant"
  • "À couper le souffle"
  • "Fabuleux"

Équivalent dans d'autres langues

  • Anglais : "The eighth wonder of the world", "A wonder to behold"
  • Espagnol : "La octava maravilla del mundo"
  • Italien : "L'ottava meraviglia del mondo"
  • Allemand : "Das achte Weltwunder"
  • Portugais : "A oitava maravilha do mundo"
  • Russe : "Восьмое чудо света"

Variantes et dérivés

  • "Une huitième merveille du monde"
  • "C'est la huitième merveille !"
  • "Digne d'être la huitième merveille"
  • "Une vraie huitième merveille"
  • "Comme une huitième merveille"
  • "Presque la huitième merveille"
  • "La neuvième merveille du monde" (surenchère humoristique)

Usage contemporain

L'expression conserve toute sa vitalité dans le français contemporain et s'adapte aux nouveaux objets d'admiration de notre époque. Elle est fréquemment utilisée dans le tourisme et les guides de voyage pour vanter des sites exceptionnels, dans l'architecture pour qualifier des réalisations marquantes, ou dans l'art pour célébrer des œuvres remarquables. Les médias l'emploient régulièrement pour qualifier des prouesses techniques (gratte-ciels, ponts, tunnels), des découvertes archéologiques, ou des réalisations artistiques contemporaines. Sur les réseaux sociaux, elle peut être utilisée avec enthousiasme pour partager des découvertes personnelles ou avec ironie pour exagérer ses éloges. L'expression illustre la permanence de la référence antique dans notre culture et notre besoin constant de situer nos admirations dans une échelle de grandeur universelle. Elle témoigne aussi de notre rapport à l'exceptionnel dans une époque où les superlatifs sont omniprésents dans la communication.

jeudi 11 septembre 2025

Un jour, une expression - Promettre monts et merveilles

 


"Promettre monts et merveilles"

Voici une expression qui transforme tout prometteur en géographe fantaisiste et marchand de rêves ! "Promettre monts et merveilles", c'est l'art délicat de faire miroiter l'impossible avec un aplomb remarquable, en empilant les promesses comme autant de sommets imaginaires.

Cette locution, qui remonte au XVIe siècle, marie astucieusement la grandeur physique des montagnes à la magie des merveilles. Le prometteur devient ainsi un architecte de châteaux en Espagne, capable d'offrir à la fois l'altitude vertigineuse des Alpes et les prodiges d'Aladin réunis ! C'est l'hyperbole à l'état pur : pourquoi se contenter de promettre une colline quand on peut offrir l'Everest, et tant qu'à faire, pourquoi ne pas y ajouter quelques miracles ?

L'expression capture parfaitement cette tendance humaine à l'exagération généreuse, cette propension à transformer une simple proposition en catalogue de merveilles. C'est le vendeur qui vous promet que sa crème effacera vos rides ET vous rendra invisible, le politicien qui vous garantit prospérité, paix mondiale et chocolat gratuit, ou encore l'amoureux transi qui jure de décrocher la lune... avec les étoiles en bonus.

Exemples d'usage :

"Ce candidat promet monts et merveilles, mais son programme tient-il la route ?"

"Mon oncle nous a promis monts et merveilles pour ses vacances, on s'attend au pire !"

Dans la littérature, on retrouve cette notion chez les grands séducteurs comme Don Juan, ou dans les contes où les personnages promettent des royaumes entiers pour un service rendu.

Sens et signification

"Promettre monts et merveilles" signifie faire des promesses extraordinaires, souvent excessives ou irréalistes, pour séduire, convaincre ou obtenir quelque chose. L'expression évoque l'idée de promettre l'impossible, de faire miroiter des perspectives fabuleuses qui dépassent largement ce qui peut raisonnablement être tenu. Elle implique généralement une part de manipulation ou d'exagération de la part de celui qui promet, et sous-entend souvent que ces belles promesses risquent de ne pas être tenues.

Origine et étymologie

Cette expression remonte au XVIe siècle et s'inspire de l'imaginaire médiéval et des récits merveilleux. Les "monts" évoquent les hautes montagnes mythiques, souvent associées dans les légendes à des trésors cachés, des châteaux enchantés ou des divinités. Les "merveilles" font référence aux prodiges, aux objets magiques et aux richesses extraordinaires que l'on trouvait dans les contes et les récits d'aventures. L'association de ces deux termes crée une image d'abondance et de magnificence quasi surnaturelles. L'expression s'est développée dans un contexte où les explorateurs et les aventuriers racontaient leurs découvertes en les parant souvent de merveilles exagérées pour impressionner leurs auditeurs.

Registre et nuances

L'expression appartient au registre courant et peut être utilisée dans tous les contextes. Elle véhicule généralement une connotation critique ou sceptique envers les promesses évoquées. Le ton peut être ironique, désabusé, ou simplement descriptif. Elle sous-entend souvent que celui qui écoute ces promesses devrait faire preuve de prudence et de circonspection face à des engagements qui semblent trop beaux pour être vrais.

Exemples d'utilisation

  • "Ce commercial m'a promis monts et merveilles, mais je reste méfiant."
  • "Les politiciens promettent toujours monts et merveilles avant les élections."
  • "Il lui a promis monts et merveilles pour la convaincre de l'épouser."
  • "Cette start-up promet monts et merveilles à ses investisseurs, mais où sont les résultats ?"
  • "Ne te laisse pas avoir par ses belles paroles, il promet monts et merveilles à tout le monde."

Expressions synonymes en français

  • "Promettre la lune"
  • "Faire miroiter"
  • "Promettre mer et monde"
  • "Vendre du rêve"
  • "Promettre l'impossible"
  • "Faire de belles promesses"
  • "Promettre des lendemains qui chantent"
  • "Promettre pléthore de choses"
  • "Faire des promesses en l'air"
  • "Promettre la fortune"
  • "Promettre le paradis"

Équivalent dans d'autres langues

  • Anglais : "To promise the moon", "To promise the world", "To promise heaven and earth"
  • Espagnol : "Prometer el oro y el moro", "Prometer la luna"
  • Italien : "Promettere mari e monti", "Promettere la luna"
  • Allemand : "Das Blaue vom Himmel versprechen", "Goldene Berge versprechen"
  • Portugais : "Prometer mundos e fundos", "Prometer a lua"

Variantes et dérivés

  • "Promettre mer et monde"
  • "On lui a promis monts et merveilles"
  • "Il promet toujours monts et merveilles"
  • "Des promesses de monts et merveilles"
  • "Arrête de promettre monts et merveilles"
  • "Se faire promettre monts et merveilles"
  • "Ces promesses de monts et merveilles"

Usage contemporain

L'expression reste extrêmement courante dans le français contemporain et trouve une résonance particulière dans notre société de communication et de marketing intensif. Elle est fréquemment utilisée pour critiquer les promesses politiques jugées démagogiques, les stratégies commerciales trop aguicheuses, ou les propositions professionnelles qui semblent irréalistes. Dans le monde des affaires, elle décrit souvent les présentations de projets ou de produits aux promesses mirifiques. Sur les réseaux sociaux, elle peut qualifier les influenceurs ou les gourous qui vendent des méthodes miraculeuses. L'expression conserve toute sa pertinence dans un monde où l'inflation des promesses et des annonces spectaculaires est devenue monnaie courante. Elle constitue un outil rhétorique efficace pour exprimer son scepticisme face aux belles paroles et rappeler l'importance de juger sur les actes plutôt que sur les promesses. L'image poétique des "monts et merveilles" continue de parler à l'imaginaire collectif, évoquant un monde de contes de fées qui contraste avec la réalité prosaïque.

mercredi 10 septembre 2025

Un jour, une expression - Un coup de tabac

 


"Un coup de tabac", c'est le vocabulaire de la marine qui s'invite dans notre quotidien. À l'origine, cela désignait une tempête soudaine et violente en mer - le genre de grain qui arrive sans crier gare et qui fait danser les marins comme des bouchons de liège !

Par extension, l'expression s'est démocratisée pour parler de toute situation difficile, tout événement brutal et imprévu qui vous tombe dessus comme la grêle sur un pique-nique.

Exemples concrets :

  • "Avec la hausse des prix de l'essence, notre budget vacances a pris un sacré coup de tabac !"
  • "L'entreprise traverse un coup de tabac depuis la perte de son gros client"
  • "Ma grand-mère a eu un coup de tabac quand elle a découvert que son chat avait mangé son rôti du dimanche"

C'est moins violent que "passer à tabac" (pas de coups physiques), moins glorieux que "faire un tabac" (pas de succès), mais tout aussi expressif ! C'est la métaphore maritime qui donne cette saveur particulière : comme un navire pris dans la tempête, on subit, on résiste, et on espère que ça va passer.


Sens et signification

"Un coup de tabac" a plusieurs significations selon le contexte. Dans son sens maritime originel, cela désigne une tempête soudaine et violente en mer. Par extension, l'expression peut signifier un événement brutal et imprévu qui bouleverse une situation, une crise inattendue, ou encore un grand succès soudain (notamment dans le domaine artistique). Elle évoque toujours l'idée d'intensité, de soudaineté et d'impact fort sur l'environnement ou la situation.

Origine et étymologie

Cette expression remonte au XVIIIe siècle et trouve ses racines dans le vocabulaire maritime. Le terme "tabac" vient probablement de l'arabe "tabbaq" qui signifiait "tempête" ou "orage violent". Les marins utilisaient cette expression pour désigner ces tempêtes soudaines et dangereuses qui pouvaient surprendre un navire en mer calme. L'expression s'est progressivement étendue au langage courant pour désigner tout événement soudain et violent, qu'il soit négatif (crise, catastrophe) ou positif (succès foudroyant). La métaphore maritime évoque parfaitement l'idée d'un changement brutal des conditions, comme un navire passant subitement du calme plat à la tempête.

Registre et nuances

L'expression appartient au registre courant et peut être utilisée dans la plupart des contextes. Elle véhicule toujours une notion d'intensité et de soudaineté. Le ton peut varier selon le contexte : dramatique pour une crise, admiratif pour un succès, ou simplement descriptif pour un événement marquant. Elle conserve une dimension maritime qui lui confère un caractère pittoresque et expressif.

Exemples d'utilisation

  • "Sa démission a fait l'effet d'un coup de tabac dans l'entreprise."
  • "Son premier roman a été un véritable coup de tabac dans le monde littéraire."
  • "Les résultats trimestriels ont provoqué un coup de tabac en Bourse."
  • "L'annonce de leur séparation a fait un coup de tabac dans la presse people."
  • "Cette réforme fiscale risque de faire un coup de tabac chez les contribuables."

Expressions synonymes en français

  • "Faire du bruit"
  • "Faire sensation"
  • "Créer un choc"
  • "Faire l'effet d'une bombe"
  • "Provoquer un séisme"
  • "Faire un malheur" (pour un succès)
  • "Déclencher une tempête"
  • "Créer un tollé"
  • "Faire des vagues"
  • "Bouleverser la donne"
  • "Créer un raz-de-marée"

Équivalent dans d'autres langues

  • Anglais : "To make a splash", "To cause a stir", "To be a hit", "To create a storm"
  • Espagnol : "Causar sensación", "Hacer furor", "Provocar revuelo"
  • Italien : "Fare scalpore", "Creare un putiferio", "Fare furore"
  • Allemand : "Für Furore sorgen", "Einschlagen wie eine Bombe"
  • Portugais : "Causar furor", "Fazer sucesso", "Criar alvoroço"

Variantes et dérivés

  • "Faire un coup de tabac"
  • "C'est un coup de tabac"
  • "Quel coup de tabac !"
  • "Un sacré coup de tabac"
  • "Provoquer un coup de tabac"
  • "S'attendre à un coup de tabac"
  • "Subir un coup de tabac"

Usage contemporain

L'expression reste très vivante dans le français contemporain et s'adapte parfaitement aux réalités modernes. Elle est fréquemment utilisée dans les médias pour décrire des succès artistiques (films, livres, chansons qui font sensation), des événements politiques marquants, des crises économiques soudaines, ou des scandales qui éclatent. Dans le monde des affaires, elle décrit les lancements de produits qui rencontrent un succès inattendu ou les annonces qui bouleversent les marchés. Sur les réseaux sociaux, elle peut qualifier un contenu viral ou une polémique qui enflamme la toile. L'expression conserve sa force métaphorique maritime qui évoque parfaitement l'idée d'un changement brutal et imprévisible des conditions, que ce soit dans la sphère personnelle, professionnelle ou sociétale. Elle illustre la capacité du français à emprunter au vocabulaire spécialisé (ici maritime) pour enrichir l'expression du quotidien.

mardi 9 septembre 2025

Un jour, une expression - Des yeux de merlan frit

 


"Des yeux de merlan frit"

Voilà une expression qui nous plonge directement dans les étals du poissonnier pour décrire un regard... disons, peu flatteur ! Quand on dit de quelqu'un qu'il a "des yeux de merlan frit", on évoque ces globes oculaires exorbités, vitreux et inexpressifs du pauvre poisson qui a eu le malheur de finir dans la poêle.

Cette comparaison culinaro-anatomique, popularisée au XIXe siècle, peint le portrait de celui ou celle qui vous regarde avec des yeux ronds comme des billes, hagards et un brin niais. C'est l'expression parfaite pour décrire l'admirateur transi qui vous fixe avec une dévotion béate, ou encore la personne surprise en flagrant délit qui ne sait plus où se mettre.

L'expression capture magnifiquement cette stupeur figée : le merlan, une fois frit, arbore effectivement ces yeux globuleux et vitreux qui semblent vous fixer avec une intensité toute posthume. C'est à la fois cruel et terriblement imagé !

Exemples d'usage :

  • "Dès qu'elle entre dans la pièce, il la regarde avec des yeux de merlan frit"
  • "Quand le professeur l'a interrogé, il l'a fixé avec des yeux de merlan frit, complètement perdu"

Dans la littérature, cette expression se retrouve souvent pour croquer des personnages ridicules ou touchants dans leur naïveté amoureuse ou leur surprise.


Sens et signification

"Avoir des yeux de merlan frit" signifie avoir un regard éteint, vitreux, sans expression ou sans vie. L'expression décrit des yeux ternes, voilés, qui manquent de vivacité ou de brillance naturelle. Elle peut s'appliquer à quelqu'un de très fatigué, malade, sous l'effet de substances, ou encore à une personne qui affiche une expression béate, naïve ou stupide. L'image évoque des yeux qui semblent morts ou privés de leur éclat habituel.

Origine et étymologie

Cette expression remonte au XVIIIe siècle et utilise une métaphore culinaire très concrète. Le merlan frit, petit poisson de mer, a la particularité d'avoir des yeux qui deviennent blancs, opaques et vitreux à la cuisson, perdant complètement leur transparence et leur éclat naturels. Cette transformation frappante de l'œil du poisson, qui passe de l'état vif et brillant à l'état terne et laiteux, a fourni une image parfaite pour décrire un regard humain dépourvu de vivacité. L'expression s'inscrit dans la tradition française des comparaisons avec les aliments pour décrire l'apparence physique.

Registre et nuances

L'expression appartient au registre familier et populaire. Elle a une connotation péjorative et souvent moqueuse. Le ton peut être critique, sarcastique ou simplement descriptif selon le contexte. Elle véhicule généralement une impression de stupidité, de naïveté excessive ou de manque de vivacité intellectuelle. L'expression peut aussi exprimer la compassion face à quelqu'un de visiblement épuisé ou malade.

Exemples d'utilisation

  • "Après cette nuit blanche, il avait des yeux de merlan frit."
  • "Elle me regardait avec ses yeux de merlan frit, sans comprendre ce que je lui expliquais."
  • "Depuis qu'il prend ces médicaments, il a des yeux de merlan frit en permanence."
  • "Arrête de me faire tes yeux de merlan frit, je sais que tu as compris !"
  • "Avec ses yeux de merlan frit, on se demande s'il suit vraiment la conversation."

Expressions synonymes en français

  • "Avoir les yeux vitreux"
  • "Avoir le regard éteint"
  • "Avoir les yeux dans le vague"
  • "Avoir l'air absent"
  • "Avoir les yeux morts"
  • "Avoir un regard de poisson mort"
  • "Avoir l'air hagard"
  • "Avoir les yeux révulsés"
  • "Avoir l'air ahuri"
  • "Avoir un regard bovin" (familier)

Équivalent dans d'autres langues

  • Anglais : "To have glassy eyes", "To have dead fish eyes", "To look vacant"
  • Espagnol : "Tener ojos vidriosos", "Mirada de pescado muerto"
  • Italien : "Avere gli occhi da pesce lesso", "Occhi spenti"
  • Allemand : "Glasige Augen haben", "Einen leeren Blick haben"
  • Portugais : "Ter olhos de peixe morto", "Olhos vidrados"

Variantes et dérivés

  • "Des yeux de poisson mort"
  • "Des yeux de merlan cuit"
  • "Un regard de merlan frit"
  • "Faire des yeux de merlan frit"
  • "Air de merlan frit" (expression du visage)
  • "Yeux de merlan" (forme abrégée)
  • "Regard merlanique" (néologisme familier)

Usage contemporain

L'expression conserve sa vitalité dans le français contemporain familier, malgré le fait que le merlan frit soit moins présent dans l'alimentation moderne. Elle reste particulièrement utilisée pour décrire l'état de fatigue extrême, les effets de certaines substances, ou encore pour moquer quelqu'un qui semble absent ou peu intelligent. Dans les contextes médicaux informels, elle peut décrire certains effets secondaires de médicaments. Sur les réseaux sociaux, elle peut être employée avec autodérision pour décrire son état après une nuit difficile ou un réveil pénible. L'expression illustre la richesse du français populaire dans l'art de la comparaison imagée et conserve son pouvoir expressif grâce à la force de l'image qu'elle évoque. Elle témoigne aussi de l'ancrage culturel des expressions dans les pratiques alimentaires traditionnelles, même quand celles-ci évoluent avec le temps.