vendredi 30 janvier 2026

Écrin de mots : Voyage au cœur de quelques trésors cachés de la langue française

 


Introduction : L'Écrin des mots

« La langue française n’est pas seulement un outil de communication ; c’est un jardin luxuriant, une estampe aux courbes complexes où chaque mot cache parfois un secret, une rime orpheline ou une géométrie insoupçonnée. À la manière d’un artisan d’art qui cisèle le métal ou le verre, notre langue s’est façonnée au fil des siècles, accumulant des curiosités qui font tout son charme et sa noblesse.

Je vous invite à une flânerie à travers quelques-uns de ces trésors linguistiques : des mots qui se lisent à l’envers, des genres qui s'inversent et des pensées qui, en quelques lettres, capturent toute la complexité de l'âme humaine. Bienvenue dans ce cabinet de curiosités de la francophonie. »

Quelques trésors de la langue française

Voici quelques petits bijoux de notre langue que vous ne connaissiez peut-être pas…

  • Le palindrome : Le plus long mot palindromique est « ressasser ». Il se lit dans les deux sens, sans jamais perdre le Nord.

  • Le lipogramme : « Institutionnalisation » est le plus long mot ne comportant aucun « e ». Une prouesse pour la lettre la plus fréquente de l'alphabet !

  • L'anagramme : « Guérison » est l'anagramme de « soigneur ». Quant à « endolori », il est l'anagramme de son propre antonyme, « indolore ». Paradoxal, n'est-ce pas ?

  • L'exception : « Squelette » est l'un des très rares noms masculins qui se finissent en « ette ». On peut aussi citer un trompette (le musicien), un casse-noisette ou encore un porte-serviette.

  • Le solitaire : « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a même une touche de clavier dédiée !

  • L'orphelin : Le mot « simple » ne rime avec aucun autre. Il partage cette solitude avec « triomphe », « quatorze », « belge » ou encore « goinfre ».

  • Le genre voyageur : « Délice », « amour » et « orgue » sont masculins au singulier, mais deviennent féminins au pluriel. (Toutefois, rares sont ceux qui acceptent l'amour au pluriel ! mais il est vrai que nous sommes alors dans un usage poétique ou littéraire)

  • Le prodige : « Oiseau » est le plus petit mot contenant toutes les voyelles. Son pluriel, « oiseaux », a la particularité qu'aucune des lettres n'est prononcée avec sa valeur individuelle habituelle [o-i-s-e-a-u-x]. 


L'Art de l'Apophtegme

Un apophtegme (prononcez « apoftègme ») est un précepte, une sentence ou une parole mémorable ayant valeur de maxime. Si le mot est difficile à écrire, il devient un pur plaisir quand on le lit.

Florilège :

  • « L'homme descend du songe. » (Georges Moustaki)

  • « Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet. » (G. Courteline)

  • « La tolérance, c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms. » (Michel Audiard)

  • « Un cocu est un entier qui perd sa moitié pour un tiers. » (Jean Carmet)

  • « L’expérience est l’addition de nos erreurs. »

  • « La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. » (Socrate)

  • « On peut donner le bonheur sans l’avoir... c’est d’ailleurs comme cela qu’on l’acquiert. » (Voltaire)

  • Elle était belle comme la femme d'un autre. (Paul Morand)

  • L'enfant est un fruit qu'on fit. (Leo Campion)

  • Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu hais. (Francis Blanche)

  • Quand il y a une catastrophe, si on évacue les femmes et les enfants d'abord, c'est juste pour pouvoir réfléchir à une solution en silence. (Winston Churchill)

  • Tout le monde pense ; seuls les intellectuels s’en vantent. (Philippe Bouvard)

  • Le jour où Microsoft vendra quelque chose qui ne se plante pas, je parie que ce sera un clou.

  • Elle est tellement vieille qu'elle a un exemplaire dédicacé de la Bible.

  • Quand Rothschild achète un Picasso, on dit qu'il a du goût. Quand Bernard Tapie achète un tableau, on demande où il a trouvé les ronds.

  • Si la Gauche en avait, on l'appellerait la Droite. (Reiser)

  • Si on ne faisait les choses qu’après y avoir mûrement réfléchi, on ne coucherait jamais avec personne. (Ray Bradbury)

  • "Parlement"… mot étrange formé de "parler" et "mentir". (Pierre Desproges)

  • Quand un couple se surveille, on peut parler de "communauté réduite aux aguets".

  • Lorsque un minable attaque un autre minable, il faut s’attendre à "une guerre interminable".

  • Il y a trois sortes de personnes : Celles qui savent compter et celles qui ne savent pas.

  • Un trou noir c’est troublant.

  • Il faisait tellement froid que j’ai vu un socialiste avec les mains dans ses propres poches.

  • Mieux vaut être une vraie croyante qu’une fausse sceptique.

  • Mieux vaut être un papa au rhum qu’un gâteux sec.

  • N'attendez pas la solution de vos problèmes des hommes politiques puisque ce sont eux qui en sont la cause (Alain Madelin)

  • Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. (J-B. Bossuet)

  • Pardonner, c’est refuser de rester une victime.

Conclusion : La Musique du sens

« En refermant cet écrin, on réalise que la beauté du français réside autant dans sa rigueur que dans ses délicieuses excentricités. Qu’il s’agisse d’une prouesse de l’alphabet ou d’un trait d’esprit lancé comme un défi à la logique, ces trésors nous rappellent que les mots sont vivants. Ils ne servent pas seulement à dire, ils servent à briller, à surprendre et, parfois, à nous faire sourire de notre propre condition.

Et vous, quel est le "bijou" de la langue française qui vous émerveille ou vous amuse le plus ? N'oublions jamais que cultiver notre langue, c'est avant tout entretenir l'éclat d'un héritage qui nous appartient à tous. »

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