jeudi 17 août 2017

Lettre à l'intime de soi - Jacques Salomé



"Quand je te demande de m'écouter !


Quand je te demande de m'écouter et que tu commences à me donner des conseils, je ne me sens pas entendu.

Quand je te demande de m'écouter et que tu me poses des questions, quand tu argumentes  quand tu tentes de m'expliquer ce que je ressens ou ne devrais pas ressentir, je me sens agressé.

Quand je te demande de m'écouter et que tu t'empares de ce que je dis pour tenter de résoudre ce que tu crois être mon problème, aussi étrange que cela puisse paraître, je me sens parfois encore plus en perdition.

Si tu veux faire pour moi, tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation et peut-être renforces-tu ma dépendance.

Quand je te demande ton écoute, je te demande d'être là, au présent, dans cet instant si fragile où je me cherche dans une parole parfois maladroite, inquiétante, injuste ou chaotique. J'ai besoin de ton oreille, de ta tolérance, de ta patience pour me dire au plus difficile comme au plus léger.

Oui simplement m'écouter... sans excusation, ni accusation, sans dépossession de ma parole, sans tentative d'appropriation de ce que je te dis.

Écoute, écoute-moi quelquefois !

Tout ce que je te demande, c'est de m'écouter. Au plus proche de moi.
Simplement accueillir ce que je tente de te dire, ce que j'essaie de me dire car c'est cela le plus difficile.

Ne m'interromps pas dans mon murmure, n'aie pas peur de mes tâtonnements ou de mes imprécations. Mes contradictions comme mes accusations, aussi injustes soient-elles, sont importantes pour moi. Je ne me sers pas de toi, mais c'est vrai, j'ai besoin de toi à ce moment-là.

Par ton écoute, je tente de dire ma différence, j'essaie de me faire entendre surtout de moi-même. J'accède ainsi à une parole propre, à une parole mienne, celle dont j'ai été longtemps dépossédé.

Oh non ! Je n'ai pas besoin de conseils ou de rassurances dans ces moments-là! Je peux agir par moi-même et aussi me tromper. Je ne suis pas impuissant, parfois démuni, découragé, hésitant, pas toujours impotent.

Quand je me sens écouté, je peux enfin m'entendre.

Quand je me sens écouté, je peux entrer en relance. Établir des ponts, des passerelles, certes incertains et fragiles entre mon histoire et mes histoires, mais j'avance.

Je peux relier des événements, articuler entre elles des situations, donner du sens à des rencontres ou simplement accepter mes émotions.

Dans la trame de mes interrogations, tisser ainsi l'écoute de ma vie. Oui, ton écoute peut être passionnante

S'il te plaît écoute et entends-moi.

Et, si tu veux parler à ton tour, attends juste un instant, que je puisse terminer et je t'écouterai à mon tour, mieux, surtout si je me suis senti entendu dans cet espace de moi plus ouvert à toi."

mercredi 16 août 2017

Le conte de la femme en marche vers sa propre vie... Jacques Salomé


" Il était une fois une femme qui, après avoir traversé toute une vie de femme, habitée par différents amours, puis pas une relation essentielle avec un homme qui fut son mari, après avoir porté et élevé des enfants et exercé une profession passionnante, se retrouva au bord de l’existence, devant l’immense vide de sa solitude, celle de sa rencontre manquée avec elle-même.

Comment est-ce possible ? Comment se retrouver ainsi en solitude au mitan de sa vie, vide de projets, dévitalisée d’avoir trop donné, dépossédée de tous ses rêves car ils avaient été déposés en vain et à fonds perdus chez ceux qu’elle avait tant aimés ?

Comment continuer le chemin en se sentant habitée par une immense fatigue d’être, une profonde lassitude à simplement se réveiller le matin, à ouvrir les yeux, à respirer, se laver, s’habiller, affronter le regard aveugle de tant d’inconnus ? Comment avoir l’énergie d’esquisser des gestes qui n’ont plus de sens, de commencer quelques phrases avortées en imaginant tout de suite que demain est déjà périmé ?

Cela est plus fréquent qu’on ne peut l’imaginer dans le monde des femmes et des hommes d’aujourd’hui.

Au début elle manqua de vaciller devant la béance du désert de sa vie, la violence de la solitude, le vide de l’incompréhension qu’elle sentait tout autour d’elle. Souvent par la suite elle désespéra, quand des pensées malignes infectaient son corps, quand des douleurs tenaillaient son dos, déchiraient son ventre, harcelaient son cœur, quand son mal-être était si fort qu’elle imaginait ne pouvoir tenir debout, qu’elle aspirait à se coucher et mourir de lassitude et de désespoir de vivre.

Elle ne savait pas encore que sa vie n’attendait que ce moment pour se rappeler à elle. Une émotion, qui contenait tout un monde à elle seule, s’éveilla, remonta, chemina par des chemins secrets de sa sensibilité, jusqu’à sa conscience, vint éclore dans ses pensées pour devenir lueur, lumière, soleil avant de se transformer en énergie vivifiante.

Un matin, une petite phrase scintilla dans sa tête, dansa sous ses paupières, fredonna à ses oreilles : « Prends soin de ta vie, prends soin de ta vie, prends soin de ta vie… »

Mais d’autres voix, celles des vieux démons, des habitudes anciennes, vexées de se voir délogées par un courant de vie nouveau, tentèrent de prendre le dessus, de recouvrir la petite phrase par leur propre rengaine.
- Fais attention, en osant t’aventure sur le chemin de tes désirs, en voulant te découvrir toute seule, tu prends le risque de te perdre, de révéler des aspects de toi inacceptables.

-Tes désirs sont trompeurs.

- Tu crois avoir tout, tu n’as rien, tu n’es rien, tu n’as pas été capable de retenir ton mari, de garder tes enfants près de toi, de maintenir ton statut de femme aimée…

- Tu es en transformation, chantait la petite voix du début.

- Tu es affabulation, répétaient les voix d’une ancienne vie.

- Je peux m’aimer et me respecter.

- Pas du tout, tu as besoin d’être aimée, tu ne dois donner ton amour que si tu es aimée en retour !

- Je sens que je peux m’aimer et aimer sans avoir nécessairement un retour… pour le plaisir d’être.

- Non, ton cœur n’est pas suffisamment ouvert pour aimer, simplement aimer. Réfléchis bien, tu sais combien ton égo ne supporte pas de vivre le seul bien-être, le plaisir partagé. Il te faut ses sentiments, des serments, du solide, du durable à toute épreuve…

- Je ne suis ni dans le manque, ni dans le besoin, je suis dans le plein !

- Tu te montes la tête et bientôt tu regretteras, tu verras.

- Je suis musique, je recherche et je trouve mes accords.

- Tout est dérisoire, temps perdu, illusions trompeuses. Ne recommence pas à espérer ce que tu n’atteindras jamais.

- J’existe, j’existe enfin pour moi.

- Non, tu survis, tu végètes. Accepte ton sort sans révolte, sans rêve inutile, tu es sur la pente descendante de ta vie, reste tranquille ! Tout est joué, tu as perdu, tu mérites le repos.

- Je me rencontre… J’ai lâché le superflu.

- Tu vas manquer de l’essentiel : la sécurité !

Face à l’impuissance j’apprivoise des forces secrètes, face à l’urgence je fais confiance à mes états intérieurs, face au chaos j’écoute ma propre voix. Je suis sur ce chemin là.

Etonnée, elle n’entendit plus les autres voix, alors elle décida de s’écouter. A partir de ce jour-là, elle ne fut plus seule. Le dialogue qui l’accompagna l’ouvrit à de multiples rencontres."

Extrait de « Contes à aimer. Contes à s’aimer » de Jacques Salomé

mardi 15 août 2017

Cancans sur la place Rouge


Si l'on m'avait dit il y a un an que j'écrirais ce billet d'humeur, j'aurais haussé les épaules et demandé à mon interlocuteur si un cheval de bois lui avait donné un coup de patte. Hélas ! force est de constater qu'en cette presque mi-août, les choses ont changé et que bien de l'eau a coulé sous les ponts de la Moskova.

L'histoire est véridique mais les noms des protagonistes ne sont pas cités par charité. Comme dirait le canard enchaîné, on ne frappe pas un homme à terre, l'homme étant un couple "d'amis" et le "à terre", le plus bas de mon estime.

Il était une fois... mais faisons court pour ne pas lasser les lecteurs. En bref, deux de nos "amis" ont parcouru 3.710 kilomètres pour faire des cancans sur la Place Rouge. Déception, désillusion, consternation et tous les noms en ion du monde - lorsque les faits nous sont revenus, nous étions fort déçus de leur peu d'amitié et de confiance mais surtout stupéfaits de leur manque de discernement. Tous les hommes ne sont pas semblables et il faut agir avec les étrangers en fonction de leur sensibilité, pas de la nôtre. C'était un fort mauvais plan d'aller médire chez un Russe en Russie et ce dernier, chagrin de la situation, a soulagé son cœur en rendant compte à son ami des faits qu'il avait appris. L'ami qui est une partie de nous, nous a rapporté la conversation et aujourd'hui, nous savons enfin à qui nous avons affaire. On se dit aussi que s'ils ont mal parlé en Russie, ils doivent l'avoir fait en Belgique mais nous ne le saurons jamais puisque nous avons coupé le ponts.
Ma philosophie est de dire en face ce que je veux dire à la ou les personnes concernées. J'attends des autres qu'ils fassent la même chose. Si ce n'est pas dans leurs habitudes ou qu'ils préfèrent les ragots, libres à eux, mais cela sans moi.

lundi 14 août 2017

Dimanche chez Mine de Rien à Marcinelle


Dimanche midi au restaurant Mine de Rien après avoir au préalable réservé. Pour moi, devoir laisser un message sur un répondeur n'est pas le top mais j'ai été rappelée donc je n'ai pas à me plaindre.

J'avais lu de nombreux avis sur cette adresse et je voulais la tester par moi-même.

Le cadre est quelconque c'est à dire que la salle de devant est la pièce d'accueil d'une maison particulière. Il y a une autre salle à l'arrière que je n'ai pas visitée.

Ce n'est ni moche ni beau. Sur le mur un grand tableau sert de menu (même si on vous en donne un plastifié mais pas avec les mêmes propositions). C'est un restaurant principalement italien donc il y a des pâtes de toutes les sortes, du poisson, de la viande.

Le service est courtois et relativement rapide. J'avais lu que la salle était extrêmement bruyante ; lors de notre visite et bien que toutes les tables soient occupées, c'était tout à fait correct.

En entrée, nous avons choisi un carpaccio aux truffes et des scampis au Gorgonzola. Les plats étaient corrects mais sans exclamation gustative.



En plat, nous avons tenté le festival de croquettes. 9 croquettes pour 2 sur un lit de salade et de petites tomates et servi avec des frites qui sont arrivées bien après. C'était original et copieux mais cher pour ce que c'était : 18 euros par personne et 4 euros pour une portion de frites.


Avec un apéritif, un quart de rosé et une bouteilles d'eau, notre addition s'élevait à 86 euros. Bien trop cher pour que nous y revenions.

Mine de Rien
Rue du Cazier 11
6001 Charleroi (Marcinelle)
0486 71 29 21
Ouvert   mercredi 12:00–15:00, 18:00–22:00
jeudi 12:00–15:00, 18:00–22:00
vendredi 12:00–15:00, 18:00–22:00
samedi 18:00–22:00
dimanche  12:00–15:00


A bientôt pour de nouvelles découvertes gustatives.

dimanche 13 août 2017

Faire sa part - La légende du colibri


Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! "

Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part."

samedi 12 août 2017

Mon éponge à vaisselle, mes sous-vêtements et je ne sais plus quoi


Je lis dans le journal Metro de ce matin que la durée de vie d’une éponge de cuisine est…d’une semaine. Une étude scientifique co-réalisée par plusieurs universités allemandes, publiée le 7 juin dernier, m'apprend que les éponges de cuisine ne peuvent pas être utilisées au-delà d’une semaine car elles contiennent en moyenne autant de bactéries que la matière fécale humaine. Pas question de contourner le problème, les laver ne ferait qu’aggraver les choses selon le New York Times car un nettoyage les rendrait en effet plus vulnérables.
Il y a quelques temps, dans une newsletter arrivée dans ma boite mail, je lisais qu'il fallait changer de sous-vêtements tous les jours - par sous-vêtements, on parlait de culotte, shorty, tanga ou string ou autre (dommage qu'ils ne précisent pas ce qu'est l'autre), de chaussettes, de bas ou mi-bas et de soutien-gorge et tant qu'on y est, de tout vêtement que l'on porte à même la peau ou près du corps : t-shirt moulant, débardeur, leggins et collants... tout cela au nom de la sacro-sainte hygiène, des odeurs et même des maladies de peau. Et pour les autres vêtements me demanderez-vous ? Eh bien, c'est la même chose  pour une hygiène optimale, mieux vaut les changer tous les jours... mais on peut éventuellement les garder 2 ou 3 jours...

Je ne sais pas vous, mais des nouvelles comme celles-là, ça me gonfle et mon cerveau n'a qu'une envie, c'est de dire aux rédacteurs de se mêler de leurs culs (cul - vous voyez le rapport entre la matière fécale et les culotte, shorty, tanga, string et surtout autre chose...). J'avais une grand-mère extraordinaire, morte à 93 ans il y a trèèèèèèèèèèès longtemps qui m'a appris bien des choses qui ont fait qui je suis aujourd'hui. Ma grand-mère n'avait ni douche ni baignoire et pourtant elle sentait le propre et le savon Palmolive. Je l'ai toujours connue se lavant dans un bassin, à l'extérieur, par tous les temps, seulement abritée par un auvent en plaques ondulées transparentes, adossé à la maison.


Se laver était pour elle outre une nécessité, un réel plaisir. Était-ce le savon qui lui donnait cette jolie peau toute lisse qui aimait recevoir des baisers ? Elle me criait d'arrêter de l'embrasser  mais ses yeux me disaient encore ; et je ne m'en privais pas. Elle était toujours habillée pareil ; une robe en Diolen et un tablier en nylon pour se protéger car sans machine à laver, vous pensez bien qu'elle ne changeait pas de vêtements tous les jours. La lessive était une affaire sérieuse qui avait lieu dans une bassine en zinc puis le linge était mis à sécher sur les fils dans le jardin. Ma grand-mère disait dans son patois que chaque lavage était un mal pour le linge ; et elle avait bien raison.

Sa vaisselle, elle la faisait dans un évier en faïence blanche et elle déposait les pièces lavées dans le bassin où elle se lavait. Elle n'utilisait pas d'éponge pour sa vaisselle mais une brosse et une lavette et je peux vous assurer qu'elle ne les changeait pas toutes les semaines.


Au vu de sa longue existence et de sa bonne santé, je pense que toutes les bactéries doivent l'avoir protégée. Une affaire à méditer !





vendredi 11 août 2017

Les plus grands fleuves


On recense près de 1144 fleuves allant de 6 895 à 3 kilomètres

Parmi les plus grands fleuves du monde, on compte :

1 Nil  6 895 km Éthiopie - Soudan - Égypte - Rwanda - Tanzanie - Ouganda - Burundi - République démocratique du Congo - Érythrée - Kenya - Mer Méditerranée
2 Amazone  6 700 km Pérou - Colombie - Brésil - Océan Atlantique
3 Yangtze  6 300 km Chine - Mer de Chine
4 Yenisei  5 539 km Russie - Mongolie - Océan Arctique
5 Rivière jaune 5 464 km Chine - Mer de Chine
6 Congo River 4 700 km Républ. dém. du Congo - Congo - Angola - Océan Atlantique
7 Lena 4 472 km Russie - Océan Arctique
8 Mekong  4 425 km Chine - Birmanie - Thaïlande - Laos - Cambodge - Viêt Nam - Océan Indien
9 Niger 4 184 km Guinée - Mali - Niger - Bénin - Nigéria - Océan Atlantique
10 Rio Paraná 4 099 km Brésil - Paraguay - Argentine - Océan Atlantique
11 Mississippi River Delta 3 780 km États Unis - Océan Atlantique
12 Volga 3 692 km Russie - Mer Caspienne
13 Ob’ 3 650 km Russie - Océan Arctique
14 Yukon River 3 185 km Canada - États Unis - Mer de Béring
15 Indus River 3 180 km Chine - Inde - Pakistan - Océan Indien
16 Rio São Francisco 3 160 km Brésil - Océan Atlantique
17 Rio Grande 3 051 km États Unis - Mexique - Océan Atlantique
18 Danube River 3 020 km Allemagne - Autriche - Bulgarie - Croatie - Hongrie - Moldavie - Roumanie - Serbie - Slovaquie - Ukraine - Mer Noire
19 Brahmaputra River 2 896 km Chine - Inde - Bangladesh - Océan Indien
20 Amur River 2 824 km Russie - Chine - Océan Pacifique
21 Salween River 2 815 km Chine - Birmanie - Thaïlande - Océan Indien
22 Euphrates River 2 780 km Turquie - Syrie - Irak - Golfe Persique
23 Zambezi River 2 750 km Zambie - Angola - Namibie - Botswana - Zimbabwe - Mozambique -Océan Indien
24 Rio Tocantins 2 600 km Brésil - Océan Atlantique
25 Amu Darya 2 580 km Afghanistan - Tadjikistan - Ouzbékistan - Turkménistan - Mer d'Aral